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The Acorn - Glory Hope Mountain

samedi 29 novembre 2008, par Marc

Gloire espoir et montagne au Canada


Après les camions entiers de groupes indispensables de Montréal et Toronto, voici donc une production d’Ottawa. Mais qu’est-ce qui flotte dans l’air du Canada ? Ce second album de The Acorn est basé sur la vie de Gloria Esperanza Montoya (d’où le titre je présume), la mère du chanteur Rolf Klausener, sur ses expériences au Honduras et son émigration au Canada. L’impression que ça donne est un peu éloigné d’un album concept, on parlera juste d’un fil rouge, dans une narration proche de ce que peuvent offrir les Decemberists. Avec, comme le formidable groupe de Portland, Oregon, une difficulté de pouvoir les classer. Tant mieux finalement. On utilisera donc le terme de folk un peu par défaut, un peu pour les thèmes, un peu pour certaines orchestrations acoustiques, très réussies et dans l’air du temps de ces groupes qui nous agitent, de Port O’Brien à Department of Eagles.

Le premier morceau (Hold Your Breath) montre d’abord une face lente qui ne capte pas encore l’attention, avant de franchement éclater. C’est donc un début plus qu’engageant qui donne envie pour la suite. C’est dans ces moments-là qu’on sait pourquoi on les écoute, tout comme pour la fin instrumentale de Flood Pt. 1, avec ses airs légers, ensoleillés, ses percussions, ses voix en fond qui sont une vraie réussite. Nous avons d’ailleurs été gâtés en soleil musical cette année et en voici encore un brillant exemple.

On continue avec Crooked Legs intense qui repose sur le même principe d’une ballade languide qui prend ses aises, chope des instruments au passage et termine dans une luxuriance un peu débraillée qui confère à l’ensemble une intensité complètement dénuée de prétention. Ce sont sur ces morceaux-là qu’ils donnent leur meilleure mesure, à l’exception d’un Low Gravity et son arpège nerveux qui lance une des plus impressionnantes machines de l’album.

Après ce début d’album vraiment impeccable, avec des morceaux qui prennent leur temps pour installer des ambiances, on a une suite un peu plus conventionnelle. Qui reste bonne quand il n’y a qu’une guitare acoustique et une slide sur Oh Napoleon. C’est plus classique aussi. C’est d’ailleurs cet aspect qui prévaut souvent. Mais même dans ces cas-là ce n’est jamais ennuyeux, juste moins brillants que les meilleurs moments qu’on évoquait. Et même si on a des morceaux moins passionnants (Even While You’re Sleeping), voire des instrumentaux plus psychédéliques mais pas indispensables (Sister Margaret) et si on pense que c’est parfois c’est un peu trop de gentil (Plateau Ramble), l’ensemble tient remarquablement la route et est assez subtil pour se dévoiler progressivement.

La voix est assez proche de celle de David Byrne (spécialement sur Flood pt.1), ce qui constitue une semi-originalité. Et il n’y a une voix féminine que sur le final Lullaby (Mountain) et elle fait un peu penser à celle de Marissa Nadler.

J’aime particulièrement la rythmique, toujours un peu décalée, avec autre chose que des grosses caisses et caisses claires. C’est cette originalité (toute relative dans l’absolu) qui les distingue, et, à l’instar d’un Port O’Brien par exemple, les rend plus qu’intéressants. Et à l’heure où je découvre plusieurs groupes simultanément, c’est appréciable.

Alors qu’une bonne moitié de l’album fait dans l’acoustique simple, souvent inspiré mais un peu classique, l’autre pan est plus échevelé, ébouriffant, intense, et, partant, plus intéressant. La juxtaposition constitue en tous cas une réussite, dans le genre de ces groupes denses du Canada qui nous plaisent tant.

Article écrit par Marc

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