lundi 17 novembre 2008

Accessible comme une trappe de grenier sans échelle.
Composé durant les dix semaines de silence organisé lors du 10e anniversaire de M_nus, Gaiser sort Blank Fade. D’emblée de jeu, on se rend vite que cet album ne propulsera pas le genre minimal au rang de mouvement fédérateur comme Justice a pu le faire. Ce n’est peut-être pas plus mal : oui et non... La minimale est un genre passionnant pour qui veut bien prendre le temps de s’y attarder car c’est tout sauf de l’easy-listening. Ayant été conquis il y a quelques temps déjà par le splendide Transitions de Richie Hawtin (père du label), je me lance dans cet univers en espérant y trouver une autre perle du label. Je vais vite déchanter.
L’introduction est lente et pose les bases d’un univers très fermé et froid. Cette cohérence sonore sera respectée tout au long de l’album, c’est un parti-pris. A cet instant, se pose encore une fois la question de la nécessité de faire un album en musique électronique. En effet, le format s’y prête mal et les versions kilométriques aux évolutions plus que sommaires plonge l’auditeur dans un ennui certain. Une version mixée aurait eu plus de sens ou de chance de succès. Les écoutes successives ne changeront malheureusement pas mon avis.
Côté texture sonore, l’ambiance est assez spéciale. Ce n’est pas du « clic and glitch ». Des sons projetés ça et là dans des réverbérations ponctuent des rythmiques basiques et invariantes. Le tout soutenu par une infra-bass bien sourde. Rien de vraiment neuf en fait. Les sons sont certes travaillés mais le résultat est décevant. C’est clairement l’aridité qui domine et si néanmoins vous appréciez, je vous conseille vivement les productions du label Raster-Noton, nettement plus abouties.
C’est peu comme si vous voyagiez au cœur d’un énorme monstre mi-organique/mi-électronique. Suivant son humeur, le morceau sera plus ou moins lent ou rythmé sans jamais évoquer la moindre chaleur humaine. On se sent toujours spectateur et à l’écart de l’ambiance. D’où vient-il ? qu’est-ce qu’il veut nous dire et où veut-il en venir ? Seul Gaiser le sait...
Un album décevant qui ne révolutionnera pas la minimale et qui est a réservé aux ultra puristes du genre.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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