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Franz Ferdinand - Tonight : Franz Ferdinand

vendredi 30 janvier 2009, par Fred, Marc

Histoire à suivre


Et si, comme le disaient les brillants Black Candy, la pire chose qui puisse arriver à un groupe de rock c’était la maturité ? C’est un peu l’impression qu’on a eu à l’écoute du second album de Franz Ferninand, You could have it so much better.

Succédant à un éponyme plus que brillant, marquant parce qu’il est un des rares albums de l’histoire récente à ne jamais présenter de morceau ne serait-ce que moyen, il prouvait que le talent n’était pas fortuit. Seulement voilà, quelques années plus tard, on se rend compte qu’on a toujours les morceaux du premier en tête sans exception malgré les, disons, 500 albums différents écoutés depuis, alors que You could have it so much better impose plus de respect que de souvenirs. Voilà pour le décor de l’écoute quand vient le temps d’écouter enfin ce Tonight, qui marque le retour des Ecossais après presque quatre ans.

Sur cet album ni baroque ni accoustique comme on l’imaginait il y a 4 ans, on voit qu’ils n’essaient ni de donner un prolongement au second album ni de recréer la magie du premier. Exit donc l’écriture classique et ‘beattlesienne’, on décèle maintenant une influence occasionnelle des Talking Heads (Send Him Away), avec un riff renvoyant aux délires plus récents de Yeasayer. Mais de la bande à Byrne on retient le décalage entre le chant et le style.

On a une juxtaposition de deux conceptions de morceaux, avec montée conventionnelle qui retombe sur... un balade acoustique (Katherine Kiss Me) . La bouture prend tout de même parce qu’ils assurent plutôt techniquement. Mais la tentation est grande de le voir comme un essai vers une transition. Et pourquoi pas après tout ?

Le single Ulysses semble un peu le pet entre deux chaises : Pas assez sautillant pour eux, pas assez groovy ou intense pour la vitesse du tempo. La composition est dans les standards édictés par les 2 précedents opus si ce n’est l’ajout de sons de clavier distordus. Oui la disto à outrance est à la mode, du moins elle l’était en 2008. Pour combien de temps encore ?

Turn It On est aussi assez anodin dans son genre, même s’il assure côté énergie rentrée. On se dit alors que le retour est manqué, que l’effet pétard mouillé est prouvé. La suite viendra quand même tempérer cette impression.

Des sons de guitare plus travaillés, un rock carré et une basse ronde (Bite Hard) relève l’impression générale.
Mais on a déjà entendu chez eux ces roublardes intros lentes (Jacqueline, quelqu’un ?) donc on n’est même plus surpris, mais on apprécie cependant. C’est probablement le morceau le plus litérallement proche du premier opus.

Boogie débridé sur What She Came For avec claviers travaillés. Merci Monsieur Moog.

Enchainé à un morceau carrément dance-rock (Live Alone). La grosse basse ronde ferait presque penser à du Raptures, mais là encore en plus mou. C’est de la musique qui s’écoutera de préférence à haut volume.

Un passage carrément electro sur Lucid Dreams : On ne peut pas déclarer que c’est leur meilleure idée mais ce n’est pas grotesque non plus. L’impression de ‘au moins on a tout essayé’ est certes tentante mais à ces doses-là, l’effet n’est pas gâché, d’autant moins que le morceau en lui-même n’est pas inoubliable. Il faudra un peu plus de conviction quand viendra le moment de vraiment franchir le pas car parrait bien basique face à une réelle production electro.

La voix reste pourtant identique et s’adapte avec des bonheurs divers à ces changements style.
Sur Twilight Omens, les claviers lugubres cadrent assez mal avec la voix de Kapranos et les grands coups de guitares sur le refrain.

Parfois, un morceau minimal s’égare un peu (Dream Again). Et il y a toujours le risque de l’oreille distraite, que ne viendront probablement pas déranger un Can’t Stop Feeling fort lisse, et une balade acoustique finale (Katherine Kiss Me)

Le ralentissement général du tempo par rapport au premier album empêche les morceaux d’être sautillants, s’embourbant dans un mid-tempo assez classique, moins direct. De plus, c’est juste plus ampoulé, plus sérieux que le premier, et c’est du coup moins frais.

C’est encore un album qui ne parvient pas à souvent enflammer mais dont on n’arrive pas à véritablement dire du mal. Parce que leurs qualités et leur savoir-faire sont indéniables et mis au service de bonnes chansons.
Finalement, leur tort aura été de livrer leur chef-d’œuvre d’emblée.
Il n’en reste pas moins qu’ils explorent encore, cherchent toujours et c’est cette mentalité, en plus de leur talent, qui en font un groupe à suivre.

Article Ecrit par Fred, Marc

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4 Messages

  • Franz Ferdinand - Tonight : Franz Ferdinand 30 janvier 2009 20:35, par Claire

    Ulysses, pas assez sautillant ? Ecoutez la à fond les ballons ; c’est une très bonne ouverture, la ligne de basse me tue. Ils peuvent pas non plus balancer la sauce dès la première chanson. Et même, moi, le You’ll Never Going Home de la fin, je le sens passer.

    La démo de Lucid Dreams, c’était quelque chose aussi ; j’aurais peut-être préféré qu’ils gardent cette version là. Peut-être qu’à forces d’écoutes...

    Non mais je suis de mauvaise foi, je n’arriverai pas à dire du mal des créateurs de You Could Have It So Much Better (mon premier vrai album, acheté de ma propre poche).

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    • Franz Ferdinand - Tonight : Franz Ferdinand 31 janvier 2009 02:22, par Simbad

      Perso, une des mes chansons préférées de FF se trouve sur You could... et cette chanson est Ousiders, je pensais trouver une ouverture vers autre chose avec cette chanson de fin d’album mais bon après une écoute de la page msypace pas encore convaincu par ce nouvel album

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      • Franz Ferdinand - Tonight : Franz Ferdinand 3 février 2009 14:58, par Marc

        Disons que voilà, on ne s’est pas remis du premier Franz Ferdinand et ce Tonight, on ne l’écoutera sans doute plus en entier d’ici la fin de l’année. Est-ce dire qu’il n’est pas bon ? Non, certainement pas, mais on n’a pas eu le choc reçu en 2004 qui ne s’est déjà pas réitéré en 2005...

        Fred, si toi pas d’accord toi contredire hein (ou opiner, c’est selon...)

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