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Elysian Fields - The Afterlife

vendredi 20 février 2009, par Paulo

Compilation d’instants délicats


Enfin des nouvelles d’Elysian Fields ! C’est qu’il en faut du temps pour faire un album, mais 3 ans sans véritables nouvelles, c’est dur et ça frôle l’oubli. Mais sans doute connaissez-vous, vous aussi, ce sentiment, ce piétinement d’impatience, comme c’est désagréable...

Heureusement Jennifer Charles a une discographie à couper le souffle (ce qu’on ne lui souhaite pas) et il est toujours possible d’écouter ou de récupérer des participations ou side-projects intéressants en guise de substituts, citons d’excellentes choses :

- 2007 : La Mar Enfortuna, Convivencia, projet de musiques sephardiques, J.Charles & O. Bloedow, sur le label Tzadik de John Zorn
- 2004 : Jean Louis Murat - A Bird On A Poire
- 2001 : (l’inépuisable) Lovage - Song to your old lady par Dan The Automator avec Mike Patton...

Reprenons le dernier album Bum Raps and Love Taps, il y avait une pointe de déception en ce qu’il était un peu trop similaire à son excellent prédécesseur Dreams That Breathe Your Name. Il était donc bon mais sans véritable innovation. De fait, quand on vous ressert le même potage, on perd les joies de la découverte. [1]

C’est donc avec ce sentiment partagé de joie et d’appréhension que j’ai abordé The Afterlife, cherchant intuitivement la plage d’accroche au rythme plus soutenu... Recherche infructueuse cette fois, c’est autre chose que l’on trouve. Dès les premières notes, on sent l’influence de leurs récentes expériences, ce deuxième LP chez John Zorn et une culture jazz plus présente. Et ça se confirme sur la longueur, on a ici un son différent, plus affiné, plus jazz, évoquant un enregistrement plus direct, l’acoustique étant très soignée.

Bien sûr la voix de Jennifer Charles nous ramène directement en terrain connu à l’instar du titre phare Climbing My Dark Hair dont on ne se lasse pas. D’autres titres comme Only For Tonight tente la différence, un petit air de bossa, des harmoniques, un phrasé rappelant une certaine atmosphère des 80s. Mais là pourtant il ne s’agit pas de nouveautés mais de retour puisque cela évoque avec des titres comme Lady In The Lake ou même Jack In The Box, le tout premier album de 1996. Tous ces titres ont de fait un "glaçage" similaire.

Et c’est une excellente chose, c’est un peu aussi cela que l’on attend, d’avoir un renouveau, un changement. Peut-être que Jennifer et Oren se sont un peu trop ciblé sur cette voix hyper susurrée qu’on découvre sur le titre Black Acres en 2000, que l’on adore évidemment mais on a aussi besoin de morceaux comme Only for tonight rappelant les débuts de Jennifer Charles. Elle avait peut-être à l’époque une voix plus fluette, mais aussi un côté moins contrôlé qui donnait un charme différent.

Les ayant vu en concert fin Décembre à New York, la nouveauté est résolument l’approche plus acoustique et jazz. Les moments forts sont un pianiste controllant des harmoniques planantes et éthérées à l’aide des cordes du piano (du moins pour ce que j’ai pu comprendre) ou l’invitation d’un ami trompettiste qui a répondu par autant de chaleur au lyrisme de Jennifer Charles. Pour information, ils passent au Botanique ce 7 mars, espérons que ceux-là seront de la partie...

C’est le morceau "The Moment" qui avait cloturé le concert en rappel, de quoi finir avec une seule phrase en tête "the moment my eyes struck yours", à se décliner intérieurement pendant des heures, du pur bonheur.

Au final, the Afterlife est un bon album, aux qualités acoustiques indéniables, qui ravira les fans et attirera d’autres puristes des moments délicats. Conscient qu’il y a une part d’ésotérisme a aimé Elysian Fields (et le côté Jazz en général), que ce n’est certes pas l’album qui va révolutionner la musique en 2009, je lui met un bon 3, celui de la longévité, pas le 4 du buzz qu’on oublie.

Update 27/02/2009 : je me permets une correction, étant donné que cet album n’est pas près de me quitter cette année, le 4 est finalement bien mérité.

Album en écoute ici en bonne qualité, c’est bien fait quand même.

Article écrit par Paulo

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Notes

[1] D’ailleurs il se dégage de la discographie d’Elysian Fields une recette singulière, une construction suivant une même architecture, marquée par des titres accrocheurs similaires :

- Jack in the box (plage 2) sur Bleed Your Cedar
- Bend your mind (plage 3) sur Queen Of The Meadow
- Timing is Everything (plage 3) sur Dreams That Breathe Your Name
- Set the Grass on Fire (plage 2) sur Bum Raps and Love Taps

Principalement ces trois derniers titres sont facilement interchangeables et sont tout aussi bon les unes que les autres.

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3 Messages de forum

  • Elysian Fields - The Afterlife 26 février 2009 17:14, par Olivier

    « C’est le morceau "The Moment" qui avait cloturé le concert en rappel, de quoi finir avec une seule phrase en tête "the moment my eyes struck yours", à se décliner intérieurement pendant des heures, du pur bonheur. »

    Parfaitement d’accord (comme assez souvent mine de rien à la lecture de vos articles). Cette chanson a quelque chose d’incantatoire et reste mon coup de cœur de cet album. Elysian Fields fait sans conteste partie de ces groupes qui, une fois qu’ils vous ont touché, ne vous lâchent plus d’une semelle.
    Je reste pour ma part un peu moins emballé que pour leur album "Queen of the Meadow".
    Notre critique est sur KUB3.

    Au plaisir de vous lire.

    Voir en ligne : KUB3 - Elysian Fields : après la (petite) mort

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  • Elysian Fields - The Afterlife 26 février 2009 20:15

    Je serais au Bota. Et toi ?

    Répondre à ce message

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