lundi 2 mars 2009

Le conditionnel de variété
Que se cache-t-il derrière cette pochette orange flashy dessinée par Dupuy et Berberian ? Un projet d’un producteur français, Thierry Bellia, qui a déjà opéré sous ce nom en 2003. Il a appelé à la rescousse Jérôme Didelot et Alexandre Longo. Cette équipe est donc le fil rouge de cet album. Malheureusement, c’est un peu le seul.
Car à force de tirer dans toutes les directions, toutes les cibles ne peuvent pas être atteintes. Quand un style a le temps de s’installer, on peut admettre des hauts et des bas. Ici, en plus, on a des styles qui peuvent plaire ou non. Alors quel était le but, se constituer une carte de visite sonore ? Une occasion de se frotter à plein de gens et de styles différents ? Sans doute, mais il y a déjà eu des maitres dans le genre. Citons en premier Death In Vegas, donc le talent peut s’exprimer grà¢ce à des collaborations de première bourre (Iggy Pop, Hope Sandoval) et des producteurs qui varient les partenaires en fonction des évènements comme lesChemical Brothers, qui ont compris qu’entre deux tueries de dancefloor il est bon de varier de style et de ton en utilisant au mieux leur talent et celui d’autres.
Si je cite deux références d’aussi haut niveau, c’est parce qu’ici, la finalité m’échappe. Je me pose rarement la question du but d’un album mais ici la versatilité m’a quand même fait tiquer. Evidemment, on n’a pas les castings ronflants des deux projets anglo-saxons mentionnés mais ce n’est pas grave en soi. De plus, question légende, on a quand même Donovan qui est venu en personne poser sa voix sur This Is The Last Time. Pour le reste, on notera un genre de Jamiroquai un peu mou (Soda Pop Confusion), une reprise qui n’apporte rien de bien fabuleux (Money avec Mona Soyoc) et d’une manière générale une soul blanche assez standard et sans aspérité. Mais il est difficile d’avoir une vue d’ensemble tant les collaborations sont nombreuses. Attardons-nous donc sur ce qui m’a le plus plu.
Ce sont deux des morceaux avec David Bartholomée qui sont les meilleurs. Le très catchy We Should Be Dancing avec des hou-hous évidemment excessifs mais tout à fait à leur place dans cette pièce hédoniste. L’autre morceau qui sort de sa torpeur le voit aussi collaborer est l’ensoleillé Mireia. Peut-être que seuls les morceaux plus rock me plaisent. C’est possible aussi. Donc ça m’a donnée envie d’approfondir Sharko. La voix de Lisa Keakaula (Bellrays) est assez convaincante sur le trop léger à mon goà »t Let’s Boogie et l’album se termine par une petite douceur que chante Yael Naà¯m.
Il y a aussi des moments délicats (This Parade) mais qui font trop usage de ficelles pour modifier le son (grésillements exagérés) tout en voulant garder des instruments au-dessus du mix et pas modifiés. Il faut choisir son point de vue dans ce cas. Soit on fait du faux vintage soit on le remet au goà »t du jour mais l’entre-deux fonctionne moins. Ceci, je le répète, n’enlève rien à la qualité de l’écriture dudit morceau qui au final et nonobstant les pinaillages est bon.
Pas désagréable, le projet manque de consistance et d’unité pour que les morceaux puissent se situer. De plus, le son, travaillé, est un peu trop léger pour forcer l’écoute dans toutes les circonstances. Mais « Agréable sans plus », ce n’est pas vraiment ce qu’on recherche dans la musique. Il y a suffisamment de perles enfouies pour qu’on n’ait pas envie de consacrer trop de temps à ce qui nous glisse dans l’oreille. De plus, on ne voit pas trop à qui conseiller ceci, puisqu’il y en a un peu pour tous les goà »ts, donc beaucoup pour personne en même temps. Il s’agit sans doute plus d’une musique pour agrémenter vos soirées entre amis qu’une œuvre majeure qu’on analyse jusqu’à plus soif. La saison n’étant pas au barbecue, je garde sous le coude cet album pour un avis plus circonstancié.
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