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The Qemists - Join The Q

dimanche 22 mars 2009, par Paulo

Join the Q or not !


Paradoxalement, pour trouver de quoi abreuver nos oreilles, on se réfère la plupart du temps aux mêmes sources, ce qui fait qu’on tourne assez vite en rond. Pour ma part, ayant souvent été fort secoué par les sorties des labels Ninja Tune et Warp, les sites de ces labels font souvent l’objet d’une visite. C’est ainsi que j’ai découvert The Qmists il y a quelque temps déjà et retenu leur nom. Juste leur nom, car si les signes étaient prometteurs, les morceaux n’étaient pas d’une grande originalité, mais étant rarement convaincu dès la première écoute, autant donner une chance à cet album.

The Qmists avec leur album Join The Q affiche une image rebelle, de contestataires, dans l’esprit des Prodigy, Rage Against The Machine, Fun’damental, voir KLF, sans vouloir minimiser le réel engagement de certains de ces groupes. Et au-delà de l’image , c’est dans la musique que The Qmists s’inspirent de leurs ainés, puisque l’on a droit à un ensemble caricatural de drum’nbass, de rock "trancy" et d’autres influences jungle/Hiphop/R&B... un grand fourrage de dinde anarchiste, c’est du lourd.

C’est vrai que les titres pris séparément montrent une certaine efficacité, de la puissance, mais en appréhendant l’album tout entier, il se révèle assez vite indigeste. Les titres sont trop long, c’est bien en préécoute 30s sur internet mais 5min, c’est complètement fatiguant.

Sinon Stompbox fait le boulot, sans intelligence, juste le gras des prodigy passés auparavant. Lost Weekend suit tout aussi bien, dans lequel vient se perdre un Mike Patton, c’est puissant, énervant, utilisant un riff trop bien connu des RATM. On the Run se fait un peu lécher par cette voix "dance" bon marché, c’est un peu racolleur. Dans le style ça ressemble un peu à la sortie de DJKentaro également sur NinjaTune en 2007, mais en moins fin, on sentait que le japonais plus dans l’esprit de la fête, il y avait une démarche plus amusante, j’étais plus accro à ses vitamines. Mais c’était avant la crise, et ça a peut-être un effet sur le marketing musical car finalement voilà un autre exemple de groupe utilisant une image "collectif émeutier", si on suit l’idée du Manual For Succesfull Rioting de Birdy Nam Nam.

Trêve de sociologie, côté musique donc, Dem Na Like Me, qui est également efficace en single possède un rap très bien posé par Wiley. On pense reconnaitre un sample, Prodigy probablement. Dans l’ensemble, ça commence à ressembler à de la soupe.

Ce qui sauve pour moi cet album c’est le court morceau SWAG Intro dans un autre esprit avec la voix intéressante de Zoe Devlin Love. SWAG étend l’idée à la ligne principale de l’album et perd un peu de son intérêt.

Là je me souviens de ma prof de français qui demandait "pourquoi avez-vous lu ce livre si vous n’aimiez pas ?" "Ben parce que je ne savais pas avant de l’avoir lu madame !". Donc on sent vite que les plages suivantes ne vont pas offrir autre chose, on s’arrête sur la destruction de l’intro cinématographique de The Perfect High, on se dit que le dimanche soir à Dour sur la grande scène, ça doit le faire, mais chez moi...

Bref, ça me laisse perplexe, conscient que ça puisse plaire à un certain public, conscient également du potentiel live de ce groupe, je suis par contre un peu déçu d’une telle sortie sur Ninja Tune, à se demander ce que sont devenus les choix artistiques des Coldcut. C’est vrai que leurs productions personnelles ne sont pas réputées pour le finesse, mais elles sont souvent basées sur de bonnes idées, on sent ici un esprit similaire mais beaucoup trop primaire et exagéré pour côtoyer des Amon Tobin, Bonobo, c’est peut-être un signe que les temps changent. Au final, je retiendrai tout de même un morceau intéressant, je lui dédie l’étoile de l’article.

Article écrit par Paulo

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