mercredi 20 mai 2009, par
Il fut une époque pas si lointaine où, quand on entendait plus qu’une personne qui chantait et un violon, on dégainait Arcade Fire comme référence. Cette comparaison bloquante a été citée un peu vite pour Wolves, le premier album des Ecossais de My Latest Novel et cachait une vraie personnalité. Parce qu’ils avaient imposé une marque de fabrique, celle de la densification de morceaux folk classiques, simples, charmants et touchants qui se réveillaient soudain et renversaient tout sur leur passage. On a connu ça depuis avec des groupes comme The Acorn ou Port O’Brien mais on s’était beaucoup attaché à eux. Leur retour fait donc bien plaisir.
D’emblée, puis au fur et à mesure des premières écoutes, on sent qu’on ne sera pas dans les mêmes eaux que le premier album. C’est d’ailleurs une gymnastique mentale qui nous est imposée très souvent, celle de faire abstraction de ce qu’on connaît pour pouvoir aborder un album avec des oreilles plus fraiches. Et personnellement, j’ai été un peu cueilli à froid par les trois voix d’All In All In All Is All. Ils ont avoué avoir voulu y mettre tous les instruments et éléments de l’album en guise d’introduction à ce qui va venir.
Les voix multiples sont d’ailleurs utilisées ailleurs. Mais ce n’est pas ce que je préfère sur Dragonhide. La voix de fausset masculine me gâche en effet un peu mon plaisir. Tant qu’on est à parler voix, les chœurs lancinants de Hopelessely Endlessly servent de support efficace au chant mixte qui vient s’y greffer. La rythmique pachydermique contribue à en faire un moment d’intensité. Par contre, un morceau plus littéralement plaintif comme Reappropriation Of The Meme me touche moins
Oubliez donc le gentil groupe de folk, ils visent plus haut (If The Accident Will). Mais ici encore ça commence au sol. L’accélération montre des visées plus émotives, des ficelles sans doute, et vise aussi le rock plus lyrique. C’est sincère et ça fonctionne mais on ne peut pas s’empêcher qu’on vise à l’estomac, que tous les coups sont permis. En clair, je n’ai pas encore décidé si c’était trop pompier ou non (sans doute que oui en fait). Mais la descente est assez sèche, nous ramène dans des eaux qu’aucun groupe de stade n’aurait navigué, même si on se dit que trop de lyrisme tue le lyrisme. C’est ce qu’on se dit aussi lors de la montée conjointe batterie-piano d’ I Declare A Ceasefire qui pourrait même plaire à certains fans de Colplay.
On le constate, la dualité entre des morceaux réussis mais conventionnels transcendés par des finaux dantesques est moins à l’ordre du jour. Certes, on sent que les morceaux vont se densifier, et cet enjeu crée la tension.
Mais il faut placer une référence obscure et datée de temps en temps, pour garder de la crédibilité. Je dégaine donc que la voix masculine a des inflexions qui m’ont rappelé les New Fads (Lacklustre). Plus pertinent sans doute est le rapprochement avec Jack, groupe de rock ample des années ’90 que je ne saurais que trop vous conseiller.
Malgré ces secousses sismiques, le résultat est bien moins attachant. Pas moins intéressant sans doute, mais l’ambition supérieure a créé des morceaux plus alambiqués qui mettent plus de temps à se laisser apprivoiser quand on se laissait aller à la joie simple de la simplicité et de la surprise. Il faut donc faire son deuil du sympathique premier album pour se frotter à celui-ci. Tournant résolument le dos à la modestie, My Latest Novel n’est plus le même groupe puisqu’ils ont échangé leur charmante dualité pour une ampleur plus propre sur elle. Le lyrisme est donc plus que jamais de mise mais j’avoue ne pas avoir eu le même plaisir à cette démonstration souvent ampoulée.
Pour vous faire une idée, un mp3 d’All In All In All Is All
Un autre morceau est en écoute à l’occasion de la branlée sur listen2fight.com
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