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Cali + Mathieu Boogaerts + Karin Clercq, Cirque Royal, 10/05/2009

lundi 11 mai 2009, par Marc

Autre chose


Quand on me demande ce que j’écoute comme musique, eh bien je suis bien embêté. C’est que j’ai l’impression de creuser de plus en plus profond un sillon de plus en plus étroit. C’est sans doute faux, les gens écoutant vraiment de tout étant très rares, mais les groupes que je vais voir en concert ou en festival ne s’écartent pour ainsi dire jamais de l’orthodoxie indie. Tout ça pour dire que j’étais content d’un peu changer d’air, le temps d’écouter de la chanson française.

Moi qui n’étais entré avant cette année que deux fois au Cirque Royal (un historique Arcade Fire et Explosions In The sky), voilà la troisième fois en cinq jours que je m’y rends. Pour un programme pour le moins différent.

On commence par Karin Clercq. Je n’ai pas encore écouté La Vie Buissonnière récemment sorti, ce qui explique que je ne connaissais pratiquement rien du répertoire du soir. Alors que je suis familier du premier et très client du très sensible Après L’Amour. Je vous reparle sans doute bientôt de ce dernier album (ne serait-ce que pour mieux gouter les textes) mais la prestation m’a laissé un goût de trop peu. Si la belle a une présence scénique certaine et une voix qui ne me laisse pas indifférent, son passé d’actrice rend moins naturel son maintien. Et on ne sait pas encore à quel point le départ de Guillaume Jouant (qui a composé en partie les premiers Miossec) va lui être préjudiciable. C’est rock, direct, et simple, mais bon, pas renversant non plus. On ajoutera pour l’anecdote un duo à la sensualité forcée avec Vincent Liben (qui ?).

Le programme était quand même consistant puisqu’après déboule Mathieu Boogaets. Le garçon a déjà une belle carrière, de l’abattage et des idées à revendre. Citons un set de batterie monté sur roulettes, des tenues rigolotes, et un concert bien étudié au niveau de la mise en scène. Ajoutez à ça un univers musical particulier où on peut citer Albin de la Simone pour la voix et l’excentricité de M. La section rythmique est véritablement redoutable aussi et son funk tordu fait mouche, grâce notamment avec l’usage sans complexe qu’il fait de la langue. Seul bémol, le manque de variété du répertoire rend l’heure de concert plutôt longuette sur la fin. Mais ce garçon est à voir.

Il m’a fallu plusieurs morceaux pour ’rentrer’ dans le concert de Cali. Si vous me lisez de temps en temps, que vous avez déjà vu certaines des chroniques de concert (ce n’est pas mon exercice favori j’en conviens), je vais très rarement voir des chanteurs "connus". Donc pour moi, un public qui hurle alors que le chanteur n’a pas encore prononcé un mot, c’est déplacé. Un texte politique déclamé par Jeanne Moreau sur une situation qui n’est pas la nôtre, ça ne me fait pas saliver. Et puis des morceaux comme "Résistances" joué avec une naïveté confondante, c’est étrange 15 ans après avoir cessé d’écouter Renaud. Et puis il y a cette formule avec un piano, une trompette et un tuba qui fonctionne, il y a ces titres qui me sont connus (Tes Désirs Font Désordre) ou pas (Comme J’étais En Vie) qui rappelle les bons moments que je lui dois. J’avais d’ailleurs eu des mots élogieux pour ces deux premiers albums. L’engagement politique à contretemps et son simili-Arcade Fire m’avaient dissuadé de pousser la connaissance du dernier plus avant.

Mais revenons au concert. Cali est excessif, Cali exagère, Cali est entier. Ce sont des axiomes qui se justifieront tout au long du concert. Mais voilà, on sait très vite où se situer et j’ai choisi mon camp pour le soir : j’allais me laisser aller. Et j’ai eu raison je pense. Parce qu’il y a vraiment de jolies choses dans son répertoire et que son enthousiasme est vraiment communicatif. Le décalage étant parfois déroutant. Il se moque du public de Bruel mais les midinettes ne sont pas absentes des travées du Cirque en ce soir. Et puis il y a le classique mais on a beau en avoir entendu parler, le voir traverser la salle en stage-diving, de faire hisser sur un balcon pas vraiment là pour ça, prendre son bain de foule en haut et revenir par le vide, il faut vraiment le voir, il faut constater les sourires ou l’effroi dans le regard pour comprendre que quelle que chose se passe. Tant pis si Mille Coeurs Debout scandé lors de la prestation est une resucée du terrifiant Wake Up de qui-vous-savez, on a pris sa place pour un spectacle et il est total.

Oh oui, il y a bien d’atroces versions d’Elle M’a Dit et C’est Quand Le Bonheur mais ces très casse-bonbons témoignent d’une volonté de varier ces morceaux archi-connus. Et même si le résultat est assez lamentable, montrant une méconnaissance voire un mépris de la chose électronique, il se débattent avec une telle santé qu’on attend des moments meilleurs qui viennent de toute façon.

Au final il y a plusieurs Cali qui cohabitent avec une belle santé et cohérence. Oubliez le prêcheur socialiste un peu naïf, retenez plutôt celui qui de la force de ses tripes sort des chansons d’amour d’une vitalité sincère, et l’homme qui ne se plait jamais autant qu’en présence d’un public qui le lui rend bien. Il est minuit et demi, c’est à pied qu’on rentre chez soi après un de ces week-ends qui laissent des traces (lire par ailleurs).

Article écrit par Marc

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