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Engineers - Three Fact Fader

lundi 20 juillet 2009, par Marc

Tais-toi et rêve


J’ai un souvenir plutôt évanescent du premier album des Engineers. A deux notables exceptions près : Come On Down In The Rain et surtout le somptueux How Do You Say Goodbye. Donc j’ai été surpris par la vigueur (d’accord, question d’échelle) de Clean Coloured Wire qui entame l’album qui marque un certain regain de pêche d’une manière générale, même si dans ce revival spécialisé, j’avais plus apprécié les délires sonores d’un Film School.

C’est une complète esthétique dont il est question ici. Le schéma repris ici est un peu le même, à savoir une base de bonne vieille dream-pop des années ’90. Evidemment, quand on a écouté ce micro-mouvement en direct il y a quinze ans, on a plutôt l’impression d’avoir glissé par erreur dans le lecteur une compilation du style ‘best-of indie’, vous savez, celles qui se liquidaient régulièrement à 1 euro à la médiathèque quand il fallait faire de la place. Pour le prouver, je peux même sortir des noms volontairement obscurs comme Flying Saucer Attack. Si quelqu’un s’y reconnaît, qu’il l’avoue, c’est un trentenaire.

Les voix, selon les canons, sont éthérées, un peu de tête, assez rêveuses, et s’appuient sur des mélodies simples. Lesquelles font souvent mouche mais dont les circonvolutions manquent parfois de facilité. N’espérez pas prendre note des paroles à la volée si l’anglais n’est pas votre langue maternelle (auquel cas vous ne me liriez pas sans doute).

Cette musique correspond à un état d’esprit, les yeux vers le ciel et les bras en croix sur la pelouse, qui n’est sans doute pas les conditions dans lesquelles tout un chacun évolue au quotidien. C’est de toute façon une musique d’atmosphère, d’état d’esprit. Elle peut aussi bien ennuyer qu’enchanter la même personne (énerver, jamais) en fonction des circonstances. Je m’en voudrais de profiter d’une critique pour stigmatiser les limites d’un style qui m’a aussi apporté de très bons moments (écoutez Nowhere de Ride)

Encore une fois, c’est la subjectivité qui prime et le mélange de délicatesse et de force de Brighter As We Fall peut sans doute marcher chez certains. Mais bon, disons que je ne suis pas spécialement client, même si je me dois de reconnaître le côté bien fichu de la chose. Mais ce n’est pas ça qui me transporte, voilà tout. J’ai pourtant pu assez facilement pu céder parfois à Sometimes I Realise même si beaucoup de titres m’ont littéralement glissé dans l’oreille, ce qui n’est pas un reproche.

Un morceau comme The Fear Has Gone a le bon goût d’être un peu différent, de commencer par des nappes de violon avant un déluge de guitares. Mais pas une explosion de bruit, le tout restant placide tout de même. Les poussées de fièvre sont souvent vite bridées. Et on note comme sur le premier album des guitares vraiment acoustiques comme sur Be What You Are dont la composition classique pourrait résister à bien d’autres traitements (plus pop, plus folk).

Les ingénieurs ont encore une fois livré un album assez intemporel malgré un style qui est très facilement datable. Même s’il faut attendre les conditions favorables à son écoute, ce Three Fact Fader est un exemple de remise au goût du jour réussie d’un état d’esprit éthéré tel qu’il a pu nous faire craquer il y a quinze ans.

Article écrit par Marc

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