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I’m From Barcelona - 27 Songs From Barcelona

lundi 15 mars 2010, par Marc

L’union fait... un peu de tout


Au point de départ de ce projet, il y a sans doute une des idées les plus dingues de ces derniers temps, un concept aussi démesuré que sympathique. I’m From Barcelona est un groupe suédois à géométrie fort variable dont on vous a déjà parlé à l’occasion de la sortie de leurs deux albums (un là et un là). L’exercice qui nous occupe est assez différent, et sorti seulement en téléchargement et en triple vinyle. Chacun des membres de ce collectif s’est vu proposer d’écrire et d’enregistrer un morceau. On connaissait déjà quelques exemples du genre, comme le versant studio de l’âpre Ummagumma de Pink Floyd où chacun des membres avait droit à une demi-face (de 33 tours) pour s’exprimer avec plus ou moins de bonheur, mais l’importance du casting rend le tout plus dingue, surtout que tous ces sympathiques hurluberlus ne sont pas de la trempe de Waters ou Gilmour.

Ces compilations sont toujours délicates à critiquer parce qu’on sent vite une lassitude, un procédé à vouloir détailler les forces en présence. Afin de ne pas trop vous abreuver de données pas toujours utiles, je ne vais pas me risquer à écorcher tous ces noms nordiques qui ont commis cet album. Après une sélection sommaire, il y a tout de même de quoi sortir un album varié et vivifiant, tel que nous en promettait un Baby Bird (référence très ciblée) il y a 15 ans.

Le premier morceau met à l’aise. Dans le genre pop nordique d’humeur maussade. Puis on retrouve logiquement des morceaux chantés en chœur (Even Though Your Horses Ran Away) avec un très mauvais mais rigolo passage de trompette. Dans ce qui m’a bien plu, il y a la pop à voix féminines un peu naïves mais catchy (Baby Let’s Go)qui se présentent un peu comme un croisement entre El Perro Del Mar et les Pipettes, pour reprendre deux exemples de groupes féminins traumatisés par Phil Spector. Le rock psychédélique (Silence) rend aussi spécialement bien. Et What Should I Do convainc par la répétition d’une phrase musicale qui prend de l’ampleur.

Les qualités individuelles ne permettent pas de faire un album pour chacun mais bon, sur un titre, ils s’en sortent plus ou moins tous. Pour ceux qui se sont visiblement moins frotté au songwriting, la copie de choses existantes est flagrante. Make Me a Cowboy ou Sick With Love sont ainsi de purs clichés auditifs. On a découvert récemment le penchant de jeunes Suédoises (First Aid Kit) pour l’americana, mais ceci est encore plus anecdotique dans le manque d’originalité. A l’autre bout du spectre musical, l’hommage à Kraftwerk sur le tour de France dans un français approximatif réussit à être plus ennuyeux que l’original, l’intérêt historique en moins.

My BPM Might Be Low etc est de ces morceaux que font les groupes débutants dans leur salle de répète sans se rendre compte dans leur auto-indulgence que ça ne va nulle part et que le chant indigent coupe les effets. Si je me suis correctement exprimé, vous avez compris que c’est très mauvais.

La chanson suivante (Hej Hej Ivar) en Suédois, sonne plus comme une curiosité d’Eurovision et nous fait remercier les autres de ne pas avoir eu la même idée. Sauf Zapatista qui en devient carrément inquiétant. On reste dans le carrément sombre pour la voix sépulcrale de The Wave. Bon, ce n’est pas du Current 93 non plus, mais encore une fois, on passe d’un style à l’autre avec une belle santé puisqu’on aura aussi droit à de l’electro-pop lisse (Pet Duet, Be The Same) à de la dispensable musique de piano-bar en passant par de vrais morceaux de vocoder.

Cet exercice ne pouvait donner qu’un résultat inégal par la multitude des compositeurs et la grande hétérogénéité de leurs expériences (et talents, disons-le aussi…). Il s’agit donc d’une pure curiosité, d’un cadeau aux fans, d’un ovni total, d’une expérience sans doute unique, d’une façon de dynamiser et impliquer un groupe. Enfin, plein de bonnes raisons de faire un album. A vous de vous faire un tri parmi cette très disparate livraison.

Cadeau, ça se trouve ici

Article Ecrit par Marc

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