Accueil > Musique > 2004 > Miss Kittin : I.Com

Miss Kittin : I.Com

jeudi 10 août 2006, par Marc


Quand la vague Electroclash (pour faire simple, des sons électro pour une énergie punkoïde) a submergé l’underground, Miss kittin (Caroline Herve de son vrai nom, ce qui le fait moins il faut dire), méritante DJette française est projettée aux avant-postes. Avec de nombreuses collaborations (c’est elle qui chante sur le Silver screen-shower scene de Felix da housecat, hymne electro par excellence), des compilations de mixages de fort haute tenue (Radio Caroline, On the road) et un album avec The Hacker, on croyait tenir une idole ’culte’, c’est-à-dire adulée par un petit nombre de connaisseurs.
Alors arrive ce I.com. Ca commence en terrain connu, histoire de ne pas faire fuir les fans de la première heure. Un rien plus métallique peut-être. Puis c’est le très allemand (en tous cas on pourrait très bien retrouver ce morceau sur une compilation du type label Mofa) Requiem for a hit et le très ’garage’ Meat Sue be she.

Puis on termine la partie récréative. La suite est plus lente, dense et intéressante. Les très bjökiens Happy violentine et Allergic to myself entamment cette partie plus introspective. Les rythmes se ralentissent, les ambiances se font plus moites, en admettant des interludes plus - trop ? - légers comme Kiss Factory ou techno comme Soundtrack of now.
Et puis tout se termine par le plus douteux. On se souvient de la pas terrible reprise de Light my fire par Massive attack (dont l’âme plane sur un morceau comme Dub about me) à la fin du pourtant formidable Protection. Ici, c’est l’impensable L’Aventurier qui passe à la moulinette minimaliste. On comprend mieux les paroles, maintenant, on est sûrs que ça ne vaut rien dire. Merci Caroline.

En devenant Mainstream dans la distribution, Miss Kittin arrive à rendre passionnant de bout en bout un album electro, en révélant sur chaque titre des idées attachantes. Certes, ça reste plus difficile que du Benny Benassi, mais bon, un talent s’épanouit, on a du plaisir à l’écouter. Une bonne surprise donc. Merci Caroline (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Plastikman and Chilly Gonzales - Consumed in Key

    Plaquer du piano sur un album électro semble une idée improbable. Mais repousser les limites de l’improbable semble une mission de tous les jours pour Chilly Gonzales. Il a ici jeté son dévolu sur un classique electro de Plastikman (un des prête-noms du génial Richie Hawtin) sorti en 1998 sous la houlette d’un troisième comparse canadien, Tiga.
    Si j’ai usé l’incunable Transitions, acte fondateur minimal, je n’ai jamais plongé plus avant mes explorations du maitre. Une erreur sans doute partiellement (...)

  • Kowari - Trail

    Kowari est le projet du violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et du pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane) et propose un mélange de cordes et d’électronique. Oui, on a déjà entendu ça récemment chez d’autres duos comme Abraham Fogg ou MadSci. Mais le résultat est sensiblement différent ici et c’est une bonne chose, les comparaisons frontales ne sont jamais plaisantes.
    Tout d’abord, la force du duo belge est indéniablement mélodique. Quand ils ajoutent une trompette sur Daylight, on songe (...)

  • Glass Museum – Reflet

    Il est étonnant de constater à quel point un concept simple sur le papier (un piano et une batterie) peut se décliner. Le troisième album (si on inclut Deux) du duo belge Glass Museum montre qu’il est même possible de faire évoluer la formule. Leur style était déjà bien affirmé et on connaissait leur versant plus percussif, surtout si on considère le piano comme un instrument à cordes frappées. Ils avaient ensuite injecté un peu d’électronique au mélange pour un résultat toujours musclé. Les envies du (...)

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)