Accueil > Musique > 2010 > Black Heart Procession - Blood Bunny/ Black Rabbit

Black Heart Procession - Blood Bunny/ Black Rabbit

jeudi 11 novembre 2010, par Fred

Plus c’est long...


Les EP sont apparemment une des plages de détente des membres de Black Heart Procession où ils se laissent aller à des compositions plus longues, plus alambiquées.
Les 8 titres proposés comprennent 3 chansons originales du groupe, ainsi que 5 remixes réalisés par leur amis de San Diego ainsi que par ... eux -mêmes. Enfin, par Mr Tube, le projet parallèle du chanteur Paulo Zappoli.

Pour apprécier BHP, rappelons qu’un des prérequis est d’apprécier les disques d’ambiance avec des longues montées en puissance. Mais bon, vous rappeler ça, c’est un peu comme vous dire de prendre un maillot pour la piscine ; ça ne vous dit pas comment est l’eau.

Et bien l’eau est bonne et Blank Page est d’emblé une réussite. Construit au départ d’un ligne de guitare couplée à un autopan, le reste de instrumentation arrive en couche successive. On rentre petit à petit dans le bain à remoux d’ambiance de l’album, on s’y abandonne. On est alors prêt à recevoir la suite, les montées de piano lentes de The Orchid, ses vagues plus creusées.
La vibration et les bruits délicats de Silence : Un sorte de symphonie de couverts et de verrerie enregistrée dans une salle de bain.On reconnait la même étrangeté domestique sur Heaven Below.

Dans la suite du périple, les synthés sont plus flamboyant,plus 60’s sur Devotion. On s’approche du son psyché, voir tribal ; à la façon du dernier Flaming Lips ou des albums de Liars.

Au niveau des remix, certains m’ont par contre moins convaincu. C’est souvent l’apanage des EP de proposer quelques bons morceaux et de décevoir sur les plages remix. Freeze n’apporte pas grand chose au propos. Cette voix surchargée survolant l’ensemble musicale gâche bien le tout.
Deux remix de Drugs forment pourtant la pièce final et le cloture sur un point d’orgue. Le premier, on le doit à Eluvium et on y retrouve son travail Ambient .
Cette envolée éthérée presque intangible au début gagne en substance au fur et à mesure que quelques notes du thème de piano de Drugs apparaissent. On joue sur les fausses fins et les faux départs, La conclusion du thème harmonique arrive enfin après plus de 9 minutes. C’est long, c’est long, mais qu’est ce que c’est bon !
Et le même thème est directement réutilisé dans un remix dû à Jamiel Sax. Dans une Interprétation plus proche d’un DnB de bon gout tenant décidément la route, il a cependant du mal à soutenir la comparaison avec la plongée en apnée offerte par Eluvium.

On ne peut vraiment pas être déçu de cet EP. La matière n’est certes pas bien épaisse mais elle devra faire plaisir aux amateurs de rock indie que vous êtes.

Article Ecrit par Fred

Répondre à cet article

  • Shearwater - The Great Awakening

    En général, quand plusieurs années passent entre deux albums, on se demande à quoi les artistes ont consacré leur temps, tout simplement parce que leur emploi du temps nous est inconnu. Nécessité faisant loi, Jonathan Meiburg s’est lancé sur Patreon, ce qui a pour effet secondaire de nous connecter avec son actualité. En plus de donner accès à des reprises minimalistes qui, filmées et enregistrées au téléphone, touchent souvent au sublime.
    Si plus de six années se sont déroulées depuis le dernier album (...)

  • Midlake - For The Sake of the Bethel Woods

    Vous faisiez quoi il y a 9 ans, vous en étiez où ? C’est une question oratoire (même si une réponse dans les commentaires est possible). Forcément, si la plupart des membres de Midlake présents sur Antiphon sont encore là, les choses ont changé, nous aussi, eux aussi. Et ils ne sont pas restés inactifs, on se souvient avoir croisé Eric Pulido seul en tant qu’E.B. The Younger ou avec toute la bande et plein d’invités sur le très chouette projet BNQT.
    Bethel Woods, c’est l’endroit où a eu lieu le festival (...)

  • Emily Jane White – Alluvion

    Jusqu’à son excellent album précédent, c’est dans ces lointaines ressemblances que la toujours pertinente Emily Jane White puisait sa singularité. On les cite donc parce qu’on n’en fera pas l’économie : Bat For Lashes, Marissa Nadler, voire Lana Del Rey. Voilà, vous savez où vous mettez les oreilles. Mais maintenant, quand on se demande à quoi ça nous fait penser, c’est surtout aux très bons albums précédents de la Californienne. Parce qu’elle a toujours su tracer son propre chemin et elle fait maintenant (...)

  • Cloud Cult - Metamorphosis

    Le spectaculaire ne devient pompier que quand il est mal fait. C’est une leçon que connait bien Cloud Cult, la formation du Minnesota menée par Craig Minowa. On pense d’abord les retrouver dans une volonté plus intime avant que ce Metamorphosis prenne définitivement son envol.
    La voix est plus éraillée que jamais et il y a toujours une profondeur chez eux, un questionnement qu’on ne retrouve que peu ailleurs avec la même acuité. Le tout avec un violon qui vrille, une façon d’instiller l’émotion par (...)