Accueil > Musique > 2004 > Soldout : Stop Talking

Soldout : Stop Talking

jeudi 10 août 2006, par Marc


Un album électro, c’est un drôle d’objet. Déjà que les compilations peinent souvent à garder leur intérêt sur la longueur, alors, un premier album de petits belges portés par un hymne catchy et interpellant (I don’t want to have sex with you - pensez tout de même que selon les dires des auteurs il s’agirait plutôt d’une réaction face au viol qu’une dispute de ménage, et ça le fait tout de suite moins côté gaudriole..), on ricane bêtement.

Moins bêtement depuis qu’un autre single (I can’t wait) est venu confirmer le premier. On abandonnera tout simplement le ricanement pour le sourire content à l’écoute de cet album. Car il est bon, très bon même.

On navigue dans la techno dansante en diable (The Keys, Your dirt) en général, mais avec des incursions de guitares électriques (You’re not OK), et des moments plus calmes (sans tomber dans le molasse).

Si les ressemblances vont dans des musiques du genre comme Miss Kittin ou Peaches, des notes plus pop-rock (les voix dédoublées de Not OK ou le ton de Your next girlfriend peuvent évoquer le travail de Garbage).

Comme souvent de ces temps-ci, on retrouve des influences des précurseurs des années ’70 et ’80 (voix mégaphonées) voire ’90 (la fin très Underworld de Your next girlfriend).

On peut dire finalement que c’est l’album que Miss Kittin n’a pas pu (voulu ?) faire. Reste un moment d’énergie délectable de bout en bout. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Spelterini - Paréidolie

    Cet album du quatuor (dont deux membre de C’Mon Tigre dont on vous a parlé récemment) nommé d’après une funambule italienne est en fait un log morceau de 33 minutes. Cette lenteur, cette longueur sont le morceau. Il faut savoir se laisser happer, garder un peu de concentration pour que ça percole comme il faut. On entendra un long son qui monte pendant plusieurs minutes avant qu’une grosse caisse ne pointe le bout du nez. Et puis on vire vers un krautrock placide qui évidemment s’emballe un peu. (...)

  • Fanfara Station - Boussadia

    Fanfara Station, c’est le multi-instrumentiste tunisien Marzouk Mejri, le trompettiste américain Charles Ferris, et le producteur/DJ italien Marco Dalmasso. Ensemble, ils tentent de mélanger l’énergie des rythmes et chants du Maghreb avec celle d’un dancefloor. Et ça marche parce que Nagran est un méchant groove rehaussé d’électronique. Mais sans tomber dans le gros beat qui tache. Une performance en soi, un résultat à haute dose énergétique.
    Cet album est majoritairement chanté en Arabe et outre la (...)

  • C’mon Tigre – Scenario

    On connaissait déjà la formation à l’étrange patronyme félin mais on a bizarrement attendu leur troisième album pour vous en parler, sans doute parce que l’équilibre atteint ici nous parle plus. Leur style s’inspire un peu du Jazz mais plus pour l’ampleur et la liberté, le résultat étant souvent ensoleillé.
    Par exemple, Supernatural avec ses soli déstructurés se présente comme point médian entre Portishead et Calexico. Cette dialectique entre soleil et plus de froideur baigne tout cet album et en fait le (...)

  • Giovanni Dal Monte - Anestetico

    Et si on parlait d’un double album de musique électronique largement improvisée ? On est aussi là pour tester des limites aussi, même si ce double album ne vous perdra surement pas. Giovanni Dal Monte a une grande expérience en musique de films (ceux de Bruce LaBruce par exemple), de documentaires et d’expositions d’art et nous propose ici deux volumes pour englober deux concepts, articuler deux arcs.
    Le premier volume fait la part belle au glitch, voire un peu de techno déviante (Komm Tanz Mit (...)

  • Monolithe Noir – Rin

    Quand on a appris l’existence de Monolithe Noir à l’annonce de cet album, l’oreille a tout de suite été accrochée et les témoignages live qui existent ont franchement impressionné. La lecture des titres nous renverrait plutôt chez Yann Tiersen. Le clin d’œil mis à part, ce qu’a produit le Breton récemment n’est pas si éloigné et puis la Bretagne et ses paysages sont une source d’inspiration ici. On trouve ce qui nous avait attirés chez eux, ce dialogue permanent entre structure et textures et puis une vraie (...)

  • Ottus – Ghost Travellers

    l faut toujours laisser le temps aux albums de révéler tous leurs secrets, parce que la profondeur n’est pas toujours tangible en première écoute. Sur le premier opus du groupe liégeois Ottus, c’est le côté folk-pop et les harmonies vocales qui plaisent le plus vite et le plus facilement. Certes Run Away propose déjà une belle ampleur mais cette façon peut aussi se décliner en mode plus léger, voire évanescent (The Old Skills) ou se rehausser de chœurs enfantins (Living Stone).
    Mais ils élargissent leur (...)

  • La Jungle - Ephemeral Feast

    Un peu plus d’un an après Falling Off The Apex, voici déjà La Jungle. Initialement prévu à la fin de l’an passé, il puise comme beaucoup de sorties récentes sa composition pendant la pandémie. Les artistes qui ne tournent pas produisent, c’est assez logique. Ce qui est logique aussi, c’est que cet album se place dans la lignée des précédents.
    Ils se définissent comme kraut/noise et on peut dire que pour imparfaite qu’elle soit, cette étiquette permet de se faire une idée. Ils s’appuient sur une répétition (...)

  • Solah - Ballades

    On le sait, ce qu’on reprend est moins important que la façon dont on le reprend. Quand on prend connaissance des morceaux présents ici, il faut dire qu’un petit frisson parcourt l’échine. On dira pudiquement qu’ils sont éloignés de l’univers musical dont on cause ici. Il y a d’inoxydables classiques, certes, mais on reste proche des heures sombres de Nostalgie.
    Grégory Duby officie souvent en tant que Jesus Is My Son mais on l’a aussi croisé récemment en tant que moitié des très convaincants Secte et (...)

  • Marie Davidson - Working Class Woman

    Vous avez peut-être déjà entendu parler de Marie Davidson en tant que moitié du duo darkwave Essaie Pas qui nous plait beaucoup ici. Ceci est son premier album sur Ninja Tune, son quatrième en tout et s’il pourra plaire sans souci aux amateurs de la formation de base, il a suffisamment de spécificité pour s’imposer de lui-même.
    Comme pour Essaie Pas, on est un peu dans la queue de comète electroclash. Avec un accent anglais crédible (et québécois en français, forcément) et qui claque avec une belle (...)

  • DJ Shadow - The Less You Know, the Better

    Au plus que, au mieux que
    « Here we are now at the middle. More and more, I have the feeling that we are getting nowhere. Slowly, we are getting nowhere... and that is a pleasure. » Voilà par quel soliloque DJ Shadow scinde les deux faces de son nouvel album, entre une première moitié relativement déroutante et une seconde nettement plus familière. Décidément insaisissable, Josh Davis n’a jamais commis qu’une véritable faute : celle d’avoir commencé par la fin. “Endtroducing”, ou comment générer (...)

  • Rafale - Obsessions

    Melting-pot daté
    C’est rarement le cas, mais le producteur de ce premier album des Français de Rafale m’est mieux connu que les deux autres protagonistes Julien Henry et Marc Aumont. Arnaud Rebotini est en effet connu aussi bien pour son travail avec Black Strobe que pour ses œuvres solo ; j’avoue être plus familier du groupe, pas toujours d’une subtilité folle, mais qui reste amusant sur scène, où son côté Motöthead electro est à même d’assurer le spectacle. On ne sera donc pas surpris de retrouver (...)

  • Agoria - Impermanence

    La permanence dans le changement
    Sacré Agoria. Capable de tracer des ponts imaginaires entre électro pointue et bidouillage bon enfant (“Blossom”). De convier sur un même album, il y a cinq ans, Princess Superstar et Peter Murphy (“The Green Armchair”). D’enrober un navet avec une bande originale anxiogène et des intentions ambiguës – relever le niveau ou tirer sur l’ambulance (“Go Fast”) ? Bref, un champion du contre-pied, un fervent pratiquant de l’inconstance. Sa philosophie manifeste, à ce stade (...)