Accueil > Musique > 2004 > Sophia : People Are Like The Seasons

Sophia : People Are Like The Seasons

jeudi 10 août 2006, par Marc


Sophia a gravé deux albums dans le marbre qui constituent pour beaucoup une réserve, un havre pour déprimes noires. Petits bijoux de sentiments humains, forts et tristes à la fois. On attendait depuis pas mal de temps la nouvelle livraison, en espérant secrètement que l’intensité soit toujours là.

Le voilà donc, et le premier titre, plus ’pop’ qu’à l’habitude, nous rassure. Les deux titres suivants sont plus usuels pour les habitués de Sophia. La relative lenteur de Desert song #2 est trompeuse, insidieusement, les violons sont font plus pressants et c’est l’explosion, le déferlement de guitares. Oh, pas de soli virtuoses, juste une montée noisy en diable, une envie de refaire vrombir, quelques années après The God machine, de la distorsion sans honte aucune. On dirait du bon Ride.

On avait déjà deux albums (qu’il faut couter absolument pour savoir que dépouillement n’égale pas pauvreté) qui parfois lassaient en écoute répétitive pour le ton parfois geignard de Robin Proper-Sheppard. On retrouve une oeuvre variée avec If A Change Is Gonna Come... qui n’est pas dans les habitudes de la maison mais convainc sans coup férir. De même Holidays are nice est une bien agréable respiration. Mais l’essentiel du propos n’est pas là.

Ce court album est d’ores et déjà digne de rester, et une grosse série d’écoutes me confortent dans cette opinion : ce n’est pas un kleenex musical, la qualité est bien trop grande. Le sens mélodique et des arrangements qui sautent à la glotte comme jamais quand la voix est dédoublée sont particulièrement flagrants sur I left you par exemple. Une réussite donc. 2004 en compte donc déjà une (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Gabriiel – Treasure in The Garden

    Les artistes français pratiquant avec talent des genres folk et dérivés font partie des amis de nos oreilles. On avait déjà ajouté Gabriiel à Raoul Vignal ou The Wooden Wolf à la liste sur foi d’un prometteur premier EP. Evidemment, on est restés aux aguets pour le premier album et on n’a pas eu tort.
    La plage titulaire montre déjà une belle palette, avec ces cordes majestueuses et graves, de belles harmonies avec la choriste qu’on retrouvera tout au long de l’album et une sensation d’ampleur et la (...)

  • Barzin - Voyeurs in The Dark

    Si les rencontres avec Barzin sont plutôt espacées, les retrouvailles ont toujours été faciles. Il s’est en effet passé 8 ans depuis son dernier album. Le chanteur canadien a en tous cas mis à profit cet intervalle pour faire évoluer son univers.
    On ne retrouve donc plus vraiment d’arpèges acoustiques. Exit donc les ressemblances autrefois flagrantes avec Spain, remplacées par une légèreté de tous les instants qui est à la fois la force et la potentielle réticence. Force parce qu’on n’a plus (...)

  • Jem Bosatta – Loss + Love (EP)

    On avait reçu ces morceaux il y a un petit temps déjà, apprécié cette capsule intime et hors du temps. Et voici cet EP dans le monde avec une pochette est un peu trompeuse. On ne se doute pas à quel point on s’apprête à écouter des morceaux folk vraiment intemporels. L’artiste anglais installé à Berlin s’impose d’emblée comme un songwriter de haut vol.
    Comment susciter l’émotion sans avoir l’air de quémander des larmes de la part de l’auditeur ? C’est toujours difficile à dire mais ici il y a quelques pistes (...)

  • Jawhar - Tasweerah

    Un Nick Drake des sables, c’est ainsi qu’on nous l’avait présenté, c’est ainsi qu’on l’avait aimé. Mais Jawhar est un artiste, de ceux qui rechignent à se cantonner à un procédé, aussi riche soit-il. Et ce quatrième album s’éloigne sensiblement de cette référence de base. Pas par caprice, c’est tout simplement un effet secondaire de son évolution.
    L’emploi de la langue arabe est toujours un marqueur fort de la musique du Belgo-Tunisien. Evidemment l’anglais ne peut que fonctionner vu les genres pratiqués (Born (...)