lundi 30 mai 2011

« La pochette m’a bien fait rigoler », c’est ce que je serais obligé de répondre si on me demandait de dire avec sincérité pourquoi je me suis procuré cet album. Un bon album de pop délirante, ça peut toujours servir. Avoir un sourire au premier degré est un plaisir et doit le rester. Visiblement, les protagonistes du jour sont connus pour leur énergie scénique excentrique. Cette énergie versatile plaira sans doute aux amateurs de Menomena, Cloud Cult ou Modest Mouse. D’ailleurs, quand on se renseigne un peu, on apprend qu’ils ont tourné avec ces derniers. De plus (mais c’est une coà¯ncidence), la voix du chanteur Honus Honus (oui oui, ce sont de petits comiques) rappelle celle de Dan Brock. Comme ils viennent de Philadelphie, j’ai pensé aussi aux délires bien plus libres et exigeants de leur concitoyen Dan Deacon.
Une attitude, un ton, voire un concept c’est bien, mais nettement insuffisant pour assurer l’intérêt. Pour ça, il faut des morceaux, de l’intensité, ce que les trois groupes cités peuvent produire sans trop de difficulté apparente. Sans se hisser aux sommets, on peut compter sur de vrais bons moments comme Bangkok Necktie.
Pourtant, tout commence comme un pur morceau pop un peu neuneu. Il faut laisser le temps faire son œuvre, et se laisser emporter par le flot de leur imagination. Mais dès le second morceau, on change d’atmosphère. Ces variations persisteront jusqu’au bout en restant crédible à chaque fois, passant par le steady-rock emballé, sautillant à souhait de Dark Arts à une balade de bastringue (Haute Tropique) en passant par le plink-plink d’Eel Bros, tout en étant prêts à partir comme un seul homme sur la plage titulaire.
C’est de la pop progressive, de la liberté gravée, de l’euphorie placide, de l’organisation foutraque, du délire propre sur soi. Shameless ne se permet que peu d’incartades sur le mode progressif aux vrais extraits de clavier. C’est le morceau lui-même qui est au centre des préoccupations, même si sur la longueur tout ne sera pas mémorable. Et puis au passage, on remarque que ce n’est pas uniquement un collectif de petits rigolos. Dans la pop travaillée, ma mémoire fatiguée m’a ressorti Aqueduct comme point de référence.
La liberté est une qualité quand elle est jumelée à l’envie de prendre ses responsabilités pour en profiter. D’un abord libre et sans complexe, Man Man définit une personnalité propre et attachante, avec de vraies qualités d’interprétation et d’écriture. Il parait que c’est sur scène que ce collectif donne sa pleine mesure, et je veux bien le croire. Mais les albums ne sont pas que des prétextes à partir en tournée mais fournissent une matière première solide. Si vous êtes désespérément en quête d’un album pour briser la mélancolie, ce pourrait être celui-ci.
L’intérêt de se produire sous son nom propre quand on a un groupe dont on est le seul membre fixe et le leader avait posé question sur le premier album de Will Sheff. Comme pour ajouter de la confusion, celui-ci sort en tant que Will Sheff & Okkervil River mais est présenté comme un album solo de Will Sheff sur le Bandcamp d’Okkervil River. Bref Will est de retour avec d’autres musiciens (…)
Si vous fréquentez ce site, même très occasionnellement, il ne vous aura pas échappé qu’il y a quelques marottes, quelques artistes fétiches. Parmi ces attachements presque irrationnels, il y a Shearwater qui a toujours été défendu en nos colonnes tout en ne semblant pas être destiné à une large diffusion. Il n’en reste pas moins que notre plaisir d’auditeur est sincère et il n’a pas vraiment (…)
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)