mercredi 9 novembre 2011

La discrétion
La discrétion n’est pas toujours un effet secondaire, elle peut être carrément un état d’esprit, voire un style. Nous ne parlons pas du genre volontairement fauché et lo-fi dont le misérabilisme sent la mise en scène, non, nous voulons parler de ces albums qui ne nous font pas signe, ne nous appellent pas, mais desquels il est impossible de se défaire. Cette attitude peut se marier à tous les styles, de la balade au piano en demi-ton de Gem Club à l’intensité rentrée de The Antlers en passant par l’electro-pop satinée de Memory Tapes.
Ces deux dernières références ne sont pas là par hasard. La voix en retrait et une guitare aigrelette font penser à Memory Tapes (Dreamteam), ce qui est une bonne indication, même si la dernière livraison de Dayve Hawk sous ce nom n’est pas uniformément emballante. Des Antlers, il possède une certaine évidence, cette propension à se rendre immédiatement familiers sous le brouillard.
Un seul musicien à toutes les manettes, voilà ce qu’est Youth Lagoon. A vingt ans, Trevor Powers montre en tous cas qu’il est un artiste à suivre. Et on le suivra. On monte, mais en douceur, empruntant un discret ascenseur plutôt que l’escalier d’apparat. Mais on arrive au sommet avec Montana et c’est le principal. Pour le reste, ces hymnes restent dans leur coin en regardant leurs pieds (plaisant Afternoon) mais n’en restent pas moins entrainants, presque malgré eux.
La voix est forcément passée sous l’éteignoir. On en vient à penser que c’est un artifice sans doute utilisé pour que les voix qui ne se suffisent pas à elles-mêmes puissent assurer le boulot. C’est sans doute une des raisons de leur multiplication à cette époque où l’expressivité (magnifique) d’un Jonathan Meiburg est l’exception.
Difficile de motiver une sympathie spontanée La musique à haute teneur mélodique de Youth Lagoon ne viendra pas sonner à votre porte, ne criera pas pour attirer votre attention. Mais une fois celle-ci happée, vous garderez cet album avec vous.
http://youthlagoon.blogspot.com/
Si vous fréquentez ce site, même très occasionnellement, il ne vous aura pas échappé qu’il y a quelques marottes, quelques artistes fétiches. Parmi ces attachements presque irrationnels, il y a Shearwater qui a toujours été défendu en nos colonnes tout en ne semblant pas être destiné à une large diffusion. Il n’en reste pas moins que notre plaisir d’auditeur est sincère et il n’a pas vraiment (…)
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)