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Youth Lagoon - The Year Of Hibernation

mercredi 9 novembre 2011, par Marc

La discrétion


La discrétion n’est pas toujours un effet secondaire, elle peut être carrément un état d’esprit, voire un style. Nous ne parlons pas du genre volontairement fauché et lo-fi dont le misérabilisme sent la mise en scène, non, nous voulons parler de ces albums qui ne nous font pas signe, ne nous appellent pas, mais desquels il est impossible de se défaire. Cette attitude peut se marier à tous les styles, de la balade au piano en demi-ton de Gem Club à l’intensité rentrée de The Antlers en passant par l’electro-pop satinée de Memory Tapes.

Ces deux dernières références ne sont pas là par hasard. La voix en retrait et une guitare aigrelette font penser à Memory Tapes (Dreamteam), ce qui est une bonne indication, même si la dernière livraison de Dayve Hawk sous ce nom n’est pas uniformément emballante. Des Antlers, il possède une certaine évidence, cette propension à se rendre immédiatement familiers sous le brouillard.

Un seul musicien à toutes les manettes, voilà ce qu’est Youth Lagoon. A vingt ans, Trevor Powers montre en tous cas qu’il est un artiste à suivre. Et on le suivra. On monte, mais en douceur, empruntant un discret ascenseur plutôt que l’escalier d’apparat. Mais on arrive au sommet avec Montana et c’est le principal. Pour le reste, ces hymnes restent dans leur coin en regardant leurs pieds (plaisant Afternoon) mais n’en restent pas moins entrainants, presque malgré eux.

La voix est forcément passée sous l’éteignoir. On en vient à penser que c’est un artifice sans doute utilisé pour que les voix qui ne se suffisent pas à elles-mêmes puissent assurer le boulot. C’est sans doute une des raisons de leur multiplication à cette époque où l’expressivité (magnifique) d’un Jonathan Meiburg est l’exception.

Difficile de motiver une sympathie spontanée La musique à haute teneur mélodique de Youth Lagoon ne viendra pas sonner à votre porte, ne criera pas pour attirer votre attention. Mais une fois celle-ci happée, vous garderez cet album avec vous.

http://youthlagoon.blogspot.com/

Article Ecrit par Marc

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4 Messages

  • Youth Lagoon - The Year Of Hibernation 27 janvier 2012 12:40, par Guismo

    J’aime bien ce petit album. Tu décris bien le sentiment "je me jette pas sur cet album pour l’écouter mais quand mes doigts glissent sur l’ipod et passent dessus, je peux pas m’empêcher de le lancer et de l’écouter dans son entiereté’. On verra ce que ca donne au Botanique.....

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    • Youth Lagoon - The Year Of Hibernation 27 janvier 2012 12:45, par Marc

      Quand j’ai voulu prendre des places pour le Bota, il n’y en avait plus. Ca m’apprendra à faire de la pub à un groupe, tiens... :)

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      • Ah tiens, j’ai pas pensé mettre un petit mot sur le concert .... j’étais parti pour une petite review mais comme ça m’a pas des masses emballé, j’ai laissé tombé (préférant me concentrer sur Nils Frahm ou Sharon Van Etten).

        Le meilleur mot qui me vienne pour décrire ce concert c’est "gentillet". Ce petit jeune est plutôt sympatique, communique avec le publique, sort des compos qui passent très bien sur album mais en live, ca peine à décoller. On est vite lassé par la répetition de ses structures : belle petite mélodie au piano, sa petite voix qui n’a pas mué et ensuite une boite à rythme qui se lance. Et comme rares sont les morceaux avec une nette progression ... ben on s’ennuie un peu. Dommage car l’album est plein de charme et il faut dire qu’il a un certain talent pour nous embarquer dans son univers.

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  • Shearwater - The Great Awakening

    En général, quand plusieurs années passent entre deux albums, on se demande à quoi les artistes ont consacré leur temps, tout simplement parce que leur emploi du temps nous est inconnu. Nécessité faisant loi, Jonathan Meiburg s’est lancé sur Patreon, ce qui a pour effet secondaire de nous connecter avec son actualité. En plus de donner accès à des reprises minimalistes qui, filmées et enregistrées au téléphone, touchent souvent au sublime.
    Si plus de six années se sont déroulées depuis le dernier album (...)

  • Midlake - For The Sake of the Bethel Woods

    Vous faisiez quoi il y a 9 ans, vous en étiez où ? C’est une question oratoire (même si une réponse dans les commentaires est possible). Forcément, si la plupart des membres de Midlake présents sur Antiphon sont encore là, les choses ont changé, nous aussi, eux aussi. Et ils ne sont pas restés inactifs, on se souvient avoir croisé Eric Pulido seul en tant qu’E.B. The Younger ou avec toute la bande et plein d’invités sur le très chouette projet BNQT.
    Bethel Woods, c’est l’endroit où a eu lieu le festival (...)

  • Emily Jane White – Alluvion

    Jusqu’à son excellent album précédent, c’est dans ces lointaines ressemblances que la toujours pertinente Emily Jane White puisait sa singularité. On les cite donc parce qu’on n’en fera pas l’économie : Bat For Lashes, Marissa Nadler, voire Lana Del Rey. Voilà, vous savez où vous mettez les oreilles. Mais maintenant, quand on se demande à quoi ça nous fait penser, c’est surtout aux très bons albums précédents de la Californienne. Parce qu’elle a toujours su tracer son propre chemin et elle fait maintenant (...)

  • Cloud Cult - Metamorphosis

    Le spectaculaire ne devient pompier que quand il est mal fait. C’est une leçon que connait bien Cloud Cult, la formation du Minnesota menée par Craig Minowa. On pense d’abord les retrouver dans une volonté plus intime avant que ce Metamorphosis prenne définitivement son envol.
    La voix est plus éraillée que jamais et il y a toujours une profondeur chez eux, un questionnement qu’on ne retrouve que peu ailleurs avec la même acuité. Le tout avec un violon qui vrille, une façon d’instiller l’émotion par (...)