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The Streets : A Grand Don’t Come For Free

vendredi 11 août 2006, par Marc


En prenant une claque avec le premier album, l’immense Original pirate material, on a tendu l’autre joue, suivant le précepte biblique, espérant secrètement une autre claque. Elle n’est pas venue, où, précisément, elle est venue sous forme de caresse. De caresse râpeuse, certes, mais caresse quand même.

Deux albums et déjà une évolution, et déjà deux preuves de maturité. Il s’agit de rap, de vrai avec des vrais morceaux de samples et des voix féminines en refrain de temps en temps. De quoi parle Mike Skinner (le parolier-compositeur-rappeur) sur cette plaque ? De gars déboussolés, largués, passant le plus clair de leur temps devant la télé à fumer de l’herbe. Rien de fabuleusement réjouissant à priori, même si l’absence de poses Gangsta rap fait beaucoup de bien. Pourtant, on se prend au jeu de ces ambiances cotonneuses, on se surprend à essayer de comprendre les paroles, comme si on sentait que quelque choise d’important s’y passait. De la déclaration voilée de Wouldn’t Have It Any Other Way au rythme bizaroïde de Blinded by the lights, on couvre les affres d’une trentaine anglaise.

Et musicalement alors. Hé bé les amis, si vous devez vous mettre un seul album de rap cette année, je ne vois pas ce qui surpassera ceci. Si le single Fit But You Know It me fait penser au Parklife de Blur (je n’ai pas l’audition très alerte ces temps-ci), un morceau comme Dry your eyes aurait pu figurer sur le premier album de Beck. Entre-temps, le véritable talent de Mike Skinner est d’imposer une véritable personnalité dans un milieu engoncé dans ses gimmicks tout en préservant simplicité et caractère direct. Evidemment, il faut plusieurs écoutes pour apprécier toute la subtilité de la chose, amis vous pouvez êtres sûrs que vous tenez un album qui vous accompagnera longtemps. (M.)

Article Ecrit par Marc

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