Accueil > Musique > 2013 > Shana Falana - In The Light

Shana Falana - In The Light

dimanche 3 février 2013, par Marc

Lente montée vers le sommet


Pour faire des découvertes, il suffit parfois d’attendre que quelqu’un remplisse votre boite aux lettres. Bien souvent, il s’agit de labels belges ou très spécialisés, ou les deux. Cette fois-ci, c’est le distributeur Five Roses Press qui a décidé d’être généreux. Et c’est une excellente chose parce que parmi ces envois dont aucun, je dis bien aucun, ne m’était connu, il y a de fort bonnes choses et les styles pratiqués sont bien variés. C’est un peu de la cuisine interne que je livre ici, mais je pense que c’était pertinent à signaler.

Le premier groupe de la série provient de Brooklyn et nous propose en entrée une longue incantation. La voix est féminine, éthérée et fort haut perchée. De la dream-pop diront certain. De la pure nonchalance rétorqueront d’autres. C’est que les premiers morceaux sont un peu répétitifs (Light The Fire). Au niveau des paroles, on doit arriver à deux phrases en les mettant toutes bout-à-bout, mais on le comprend bien vite, le contenu littéraire n’est pas le but premier. Ça monte par étages, mais d’un morceau à l’autre, ce qui fait tout de même une fort longue entrée en matière, qui aura sa récompense comme on le verra. Dans le genre, on pourra se rappeler les passionnants The Besnard Lakes, plus constants au sommet.

Mais vous nous connaissez, on préfère toujours s’attarder sur ce qu’on a aimé, et il y a des motifs de satisfactions sur cet album. On attendra donc la moitié du troisième morceau pour que Tragic s’emballe enfin, sur un mode de révolte larvée qu’on retrouvera aussi sur un Yeah Yeah qui s’anime à mi-morceau. Entre les deux figure le meilleur morceau, le plus pop In The Light qui allie une voix qui évoque Au Revoir Simone et une belle intensité. Pas de doute, un groupe capable de ça en a sous la pédale.

Il y a donc des morceaux pour lesquels on attend un réveil qui ne vient pas, au contraire de vrais moments de fièvre. C’est évidemment sur ces derniers qu’il conviendra de s’attarder. En poussant le raisonnement jusqu’au bout, on peut voir cet album qui ne sort que maintenant en Europe comme un continuum avec une lente montée, une acmé et une descente. Sachez-le si vous ne voulez pas décrocher en route. Mais la vue est belle du sommet.

Cet album s’écoute sur [bandcamp-> http://shanafalana.bandcamp.com/album/in-the-light$
http://www.shanafalana.com/

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Of Montreal - Freewave Lucifer fck

    La carrière d’Of Montreal est un peu comme ses chansons et ses albums, faussement insaisissable mais qui permet de dégager des structures. On a ainsi oscillé entre un découpage forcené parfois captivant mais occasionnellement crevant et des albums solides et accrocheurs à la fois. Il faut dire que même après plus de quinze ans (et 10 albums relatés), on n’arrive toujours pas à anticiper les mouvements de Kevin Barnes et c’est très bien comme ça...
    Ce processus de consolidation et déconstruction (...)

  • Regina Spektor – Home, Before and After

    Il est parfois un peu dépréciatif de parler d’album de la maturité en matière de rock. On cache en effet sous ce terme le remplacement de l’énergie et de l’excitation des débuts par une forme plus fouillée et plus policée qui parle plus à l’esprit qu’au corps. Mais Régina Spektor ne fait pas exactement du rock et on notait sur tous ses albums des moments plus expérimentaux qui étaient un rien rudes pour nos petits nerfs, comme si elle devait montrer que tout ça n’était pas si sérieux. C’était à la marge, (...)

  • Perfume Genius – Ugly Season

    Les carrières musicales les plus passionnantes sont rarement linéaires. Mais elles ont toutes tendance à suivre la même direction : vers le haut. Depuis ses débuts, on n’a en tous cas à déplorer aucune baisse chez Mike Hadreas. Et ce n’est pas cette nouvelle évolution qui va inverser la tendance.
    Les musiques qui constituent cet album ont été à l’origine composées pour la pièce dansée The Sun Still Burns Here du studio Kate Wallich. Ce travail commissionné par le Seattle Theatre Group a connu des (...)

  • Andrew Bird – Inside Problems

    On avait laissé le grand Andrew Bird sur l’ironiquement nommé My Finest Work Yet qui se montrait finalement à la hauteur de ses prétentions. Tel un artisan, il polit son art album après album, et le temps semble son allié. Pas de dérapage en vue donc sur son onzième album studio solo.
    Surtout qu’il l’a enregistré avec quatre musiciens habituels et c’est peu dire qu’ils sont à leur affaire. Underlands est un morceau d’emblée attachant, avec ce groove blanc qu’il maitrise tellement. On entend surtout ici (...)