mardi 19 mars 2013, par

Nick nous fait du bien
Nick Cave n’est pas un artiste habituel, il fait partie de ceux qui sont là, simplement, indéboulonnables, avec qui on a tellement connu toute la palette des émotions de la franche admiration à la circonspection qu’on ne sait plus vraiment à quoi s’attendre. De qui on n’attend pas grand-chose en fait, tant le passé est là, indiscutable. Il a pu nous emmener tellement loin, de la douceur extrême de ses albums The Boatman’s Call ou No More Shall We Part à la violence à peine écoutable de The Birthday Party, qu’on sait qu’on doit s’attendre à tout. Et quand on s’attend à tout, on est souvent surpris de ne pas l’être.
Et puis il y a tous ceux qui gravitent autour, aussi essentiels que Mick Harvey, Einsturzende Neubauten et autres Anita Lane (voire Current 93). Cette longue introduction ne cache pas de l’embarras, mais une vérité trop simple pour être énoncée dans sa stupide nudité. Cet album de Nick Cave, je l’aime beaucoup et je ne vois pas trop comment le détailler.
On pourrait commencer par dire qu’avec un peu de distraction We No Who U R ressemble à du Tindersticks avant de se raviser et de se rappeler que c’est précisément à Nick Cave qu’on a pensé tout de suite quand on a découvert la bande à Staples il y a (ouch…) 18 ans. Jubilee Street est sans doute ce qu’on retiendra le plus facilement, parce que sa fin à étages.
Cet album marque une pause dans les délires électriques moins passionnants au sein de Grinderman. Ses deux facettes ont de toute façon été toujours présentes. A l’instar de Neil Young, il a visiblement besoin de ce balancier entre furie et douceur pour son équilibre. Vous l’aurez compris, ce versant-ci m’a davantage goûté que le dernier opus en date de son autre projet. Je trouve que sa classe s’exprime mieux ainsi. Et puis on sent toujours une inquiétude tapie dans l’ombre, une tendance plus bruitiste en sous-texte du par ailleurs très policé We Real Cool. Ses imprécations prennent leur envol, et Higgs Boson Blues a un relief tout particulier.
Pas de faux acharnement, de jeunisme ni de vieillesse trop assumée, c’est un Nick Cave qu’on écoute. Tout de suite identifiable même si on peut dire qu’il n’a jamais fait les choses de cette façon-là. A l’heure où tant d’artistes majeurs radotent (Neil Young, Bowie, Cohen), la classe de l’Australien nous fait du bien.
http://www.nickcaveandthebadseeds.com/
Difficile de concevoir une carrière parallèle aussi éloignée de son groupe de base que celle de Louis Jucker en marge des saignants Coilguns. On n’avait pas appréhendé cet écart au moment de relater Suitcase Suite et le croiser plus tard derrière l’album d’Elie Zoé. Mais on en prend toute la mesure avec cet étrange objet.
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