dimanche 21 avril 2013, par

Ici et maintenant
On ne va pas passer encore un article à le détailler, mais il y a un domaine pour lequel David Bowie reste un maître, c’est celui de la communication. Envoyé le jour de son anniversaire pour qu’on n’oublie pas qu’il a 66 ans, qu’il a passé l’âge où la plupart d’entre ses contemporains baby-boomers ont décroché de leur activité professionnelle quelle qu’elle soit, un morceau éclaireur a défrayé la chronique à une vitesse folle. Ulrich a bien décrit cette effervescence, pas la peine d’y revenir trop.
Les réseaux sociaux sont évidemment parfaits pour créer un engouement, une effervescence, mais ne sont pas très adaptés à l’analyse. Essayez une critique en 140 caractères, un jour pour voir. Ça virera au slogan publicitaire, au pitch mal dégrossi. C’est un exercice en soi, mais on peut aussi déplorer que Bowie surfe sur cette vague superficielle. En toute connaissance de cause.
On aborde un album par la pochette pour laquelle on ne peut même pas le soupçonner d’autodérision. Il se statufie de son vivant. Ce qui serait pas mal passé pour une compilation, un best-of ou un album d’hommage, mais le placer aussi frontalement face à un de ses chefs-d’œuvre ne peut amener que la déception. Sans compter que le résultat est un peu cheap et moche.
Dix années d’attente pour ça, était-ce la peine ? La réponse claque un peu vite mais ne sera pas remise en question au fil des écoutes : non, pas trop. Pourtant, cet album n’est pas plus décevant qu’Heathen ou Reality, albums un peu oubliés mais qui n’avaient pas bénéficié du même ramdam à l’époque.
On demande à l’album d’une légende d’être raisonnablement reconnaissable, avec de clairs marqueurs qui rassurent le fan. Alors oui, on a bien de la guitare réduite à un son et à un gimmick Frippien (You Set The World On Fire). Bowie fait mieux du Bowie que personne. Mais il y a plein de Bowie à faire. La voix est toujours ce qui est le plus reconnaissable, même si au fil des années sa façon de chanter a énormément évolué, comme le rappelle si bien Jonathan Meiburg.
En tant que morceau rock, The Stars (Are Out Tonight) est tout à fait convainant. Il donne envie en tous cas, c’est plutôt pas mal choisi comme single, étant donné que le premier Where Are We Now ? était surtout là pour intriguer et montrer qu’il pouvait capter l’attention comme personne.
Et puis l’album s’essouffle un peu. Notamment parce que le morceau à rebrousse-poil If You Can See Me reprend quelques innovations d’il y a quinze ans, quand il suivait la vague jungle/drum ‘n bass avec Earthling. Est-ce qu’on peut appeler ça du rétro futurisme ou on a le droit de dire que c’est un peu à la ramasse ? Sinon, quand il pense I’d Rather Be High. Sans doute qu’un peu de drogue donnerait un peu d’intérêt au morceau en effet. Dancing Out Of Space est aussi un peu plus poussif
David Bowie est devenu une institution parce qu’il a su innover, présenter un visage nouveau presque à chaque album. A part une habilité certaine à créer l’évènement, on ne peut vraiment plus compter sur lui pour donner une direction à la musique contemporaine. En gros, les griefs sont les mêmes que pour Radiohead. Bowie n’est pas ringard et dépassé, il a simplement cessé d’être novateur. On conçoit très bien que Dylan ne soit pas révolutionnaire et tout le monde est content comme ça, et j’ai eu énormément de mal à comprendre l’incroyable révérence pour le paquet d’ennui indicible qu’était le dernier Cohen. D’un point de vue marketing cynique, on peut sans doute estimer que cet album va surtout faire vendre l’inestimable back catalogue (Aladdin Sane vient de ressortir). Ceci dit, cet album bonifie au fil des écoutes, le temps de recréer la connivence avec cet indispensable artiste. Maintenant, on peut sans doute oublier cet album et continuer à chérir ceux qu’on a de toute façon gardés avec soi.
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