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Islands - Ski Mask

mardi 17 septembre 2013, par Marc

Album de synthèse


Parmi les groupes dont le profil évolue d’album en album. Mais comme ils gardent malgré tout quelques traits communs d’une livraison à l’autre, on apprécie toujours autant de les retrouver. La dernière fois qu’on les avait entendus d’ailleurs, c’était sur le plus morose A Sleep and a Forgetting, qui avait emporté l’adhésion par sa faculté à ne pas cacher une face à la fois plus sombre et apaisée.

Nil montre un penchant qu’on connaissait à Nick Thorburn depuis sa présence sur le projet Mr Heavenly. Ce n’est pas ce qu’on entendra de meilleur sur ce bon album, mais apporte un bienvenu regain de peps en milieu d’album. C’est aussi à ça qu’on sent une petite différence par rapport au bien plus apaisé A Sleep And A forgeting.

La basse est assez discrète sur les albums, mais tout qui les a vus en concert sait que tout s’articule autour d’elle. C’est aussi ça qui peut leur permettre des changements de rythmes de façon brutale et constante sans que jamais on ne sente de secousses. Sad Middle réussit cette performance en tous cas, ce qui peut apparaître comme un chouette morceau pop enjoué est en fait un montage hallucinant de complexité qui passe tout seul.

Il y a aussi des morceaux moins retentissants comme Here Here, dont l’écoute ne sera envisageable que dans le contexte de l’album complet mais on préférera logiquement les poussées d’intensité d’Of Corpse ou l’entrain de Sad Middle. Mais cette relative bonne humeur ne transparaît pas toujours dans les paroles puisqu’on peut retrouver des aphorismes du calibre de You say life is not a gas, it’s just a gas chamber sur Winged Beat Drums. Mais comme toujours, il y a de ces titres où le style est transcendé, où on retrouve leur belle ampleur. On sent qu’on va garder Becoming The Gunship pour un bon bout de temps.

Finalement, Islands arrive à insuffler un esprit différent à chaque album. Pop décomplexé avec Return To The Sea, épique et fiévreux avec Arm’s Way, brouillardeux pour Vapours et apaisé pour A Sleep and a Forgeting, voici un album qui apparaitra peut-être avec le recul comme une sorte de synthèse. Et en tant que tel, est une belle surprise pour l’amateur du genre. Sans doute que les années de connivence aident grandement à apprécier cet album, mais une fois qu’on s’y est installés, c’est sans conteste un des meilleurs albums du groupe de Montréal. Et entre nous, ce n’est pas rien.

http://www.islandsareforever.com/

Article Ecrit par Marc

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