Accueil > Musique > 2013 > Jonathan Wilson - Fanfare

Jonathan Wilson - Fanfare

vendredi 25 octobre 2013, par Marc


Souvent, un album qui ne paie pas de mine vient à point et nous accompagne un petit moment. C’est ce qui était arrivé au premier opus de l’Américain Jonathan Wilson qui avait su nous séduire par sa relecture d’un psychédélisme bon enfant qui sentait bon le cruise control et les cheveux au vent tiède des plaines.

Il n’a pas vraiment changé son fusil d’épaule, mais il faut un peu de temps pour s’en rendre compte vu que les deux premiers morceaux s’embarquent dans de longues digressions d’un psychédélisme échevelé et vintage qu’on avait un peu perdu l’habitude d’écouter, avec solo de saxophone et tout et tout. Dear Friend est en tous cas très intense, repartant plusieurs fois et semblant avoir récupéré les pédales d’effets de David Gilmour. Ce sont ces deux premiers morceaux qui sont les plus impressionnants et montrent le plus d’évolution par rapport au premier album. Etrange idée de les mettre en tout début. Surtout que la suite est plus conforme à ce qu’on attendait.

On retrouve cette veine de l’album précédent sur le simple Love To Love, assez proche de ce qu’on entend du côté de chez Wilco, digressions comprises. La formation de Jeff Tweedy est d’ailleurs celle à laquelle on pense sur Moses Pain. Et même si parfois ça met un peu de temps à décoller (Her Hair Is Growing Long), même quelques morceaux a priori plus anodins comme Future Vision ont aussi droit à leur final lysergique.

Moins crusing donc, mais plus Pink Floyd vintage. Autant dire qu’on est en terrain archi-connu. Il faut attendre la fin d’album et Lovestrong pour que cette veine réapparaisse. Ce morceau se permettant même de citer un passage du légendaire Echoes. Au moins, c’est clair. Pourtant, pas de trace de Meddle dans ses références avouées. Sans doute est-ce trop facile pour être mentionné mais quand on connait ce morceau par cœur, c’en est troublant. Soyons clair, pour rendre ce genre d’hommage, l’approximation n’est même pas envisageable. Quand on vérifie les références du garçon on comprend aussi comment il a acquis cette maestria avec des productions pour des gens comme Bonnie Prince Billy, Vetiver ou Josh Tillman.

Entre les deux extrémités de l’album on retrouvera la ballade spatiale de Fazon et encore quelques mid-tempos agréables et monotones dans l’ensemble ou plus convaincants parce qu’ensoleillés (Love To Love) ou carrément prenants (le très beau Desert Trip).

C’est toujours à une balade que nous convie Jonathan Wilson. Mais en sus des longues lignes droites, il s’écarte parfois de la route pour nous emmener dans une foire psychédélique aux effets bien rôdés.

http://songsofjonathanwilson.com/

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Tamar Aphek - All Bets are Off

    On ne peut nier l’importance de la jeunesse, le mythe tenace du premier album. On sait qu’il y aura toujours des albums venus de nulle part pour récompenser notre patience et notre dévouement. On n’a qu’une seule chance de faire une bonne première impression et la jeune Israélienne Tamar Aphek la saisit à pleine mains. Son premier album (il y a eu un EP avant ça) démarre sur les chapeaux de roues, avec un ton qui rappelle Liars dans la propension à utiliser des rythmes fiévreux sans être abscons. (...)

  • MamaKilla - We Coo

    MamaKilla (on prononce ‘Mama kiya’ visiblement) est un power-duo avec Stéphane Del Castillo au chant et à la guitare, Boris Barzul à la batterie et aux samples. La formule est souvent reprise, notamment pour faire beaucoup de bruit ou assumer de bons délires psychédéliques. C’est un peu le cas ici, mais si on vous en parle, c’est surtout parce qu’il y a autre chose.
    On prend ses marques avec We Coo qui se pose en stoner dense et plutôt lent. Mais la tangente est vite prise dès Go and Tidy Up your (...)

  • Freedom Candlemaker - Beaming Light

    Vous reprendrez encore une petite lampée de pop grecque ? Pas de panique, Lefteris Moumtzis s’exprime en anglais, le nom du projet étant même la traduction littérale du patronyme du Chypriote.
    On entre tout de suite dans son univers cotonneux avec un son très doux. Mais on aura aussi de la variété puisque après l’ample début il varie et syncope. On aura droit aussi à une dose de psychédélisme. Le son étant un peu lisse et le ton fort détendu malgré le tempo jamais lymphatique, c’est un album qui pourra (...)

  • Saint Sadrill - Pierrefilant

    Harmonies vocales en avant, grand départ sur un morceau de 11 minutes, on ne peut pas dire que la musique de Saint Sadrill vise les personnes pressées. Pourtant, le projet du Français Antoine Mermet et de ses comparses n’a rien de torturé. Elle musique prend son temps mais pas nécessairement pour flâner en route (ce qui serait son droit le plus strict) mais pour qu’on profite du climat installé.
    On note encore plus de tension sur Corq qui en devient un gros morceau, riche de sa pulsation, de sa (...)