Accueil > Musique > 2005 > Bloc Party : Silent Alarm

Bloc Party : Silent Alarm

vendredi 11 août 2006, par Marc


En terminant l’année à rattraper des albums tous décevants, on se demandait ce qui peut pousser des amateurs comme nous à écouter encore et toujours.

On remettait donc un peu de ces espoirs déçus sur Bloc Party, sur foi d’un bon concert (Au Pukkelpop) et d’un emballant premier EP (Banquet).

Par pessimisme ordinaire, on craint le pire. Et paf, premier morceau (Eating glass) qui claque comme le Cure post-punk de Three imaginary boys avec cette touche un peu dansante qui marque cette époque (Franz Ferdinand, The Killers, etc...). La fusion de basse tendue et de guitare au rasoir (ou qui tinte comme dans This modern love) trouve ici une allié de taille : une batterie qui cogne, transcendant un incandescent Pioneers. Et pour un couplet, une simple combinaison basse-batterie peut suffire (Positive tension).

Bon, on est au milieu de février et une perle a déjà jailli, rappellent tant le meilleur de U2 (ses débuts quoi) que le carton absolu de Franz Ferdinand. En moins pop, plus référencé, plus tendu, il réussit une décalque que peu réussissent (au contraire d’Interpol par exemple) par la grâce d’un sens de l’efficacité (vous avez entendu Banquet sans doute vous voyez ce que je veux dire).

L’énergie est vraiment palpable. La tension, qui parfois déserte les groupes produits trop proprement, se dégage ici de chaque titre. Une machine à transpirer est née. Heureux que nous sommes. D’ailleurs, dans un monde bien fait, ce devrait être le carton. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Wire - 10:20

    Un album d’inédits sortis pour le Record Store Day, ce n’est pas a priori la proposition la plus alléchante de la part de Wire, même si une discographie étalée sur 43 ans et des setlists imprévisibles regorgent de morceaux peu ou pas entendus. C’est sur le papier donc un album pour fans exclusifs, pour collectionneurs compulsifs et dont le résultat est hétéroclite. Enfin, tout ça serait vrai si Wire était un groupe habituel.
    Parce que Wire est tout sauf un groupe comme les autres. Ne refaisons pas (...)

  • Foals - Everything Not Saved Will Be Lost Part 1

    Parfois la sortie d’un album nous prend par surprise : on ne l’avait pas vu venir, on n’avait pas suivi les annonces.... Parfois, la surprise est même double car on apprend que c’est la "Part 1" et qu’il y aura donc une deuxième fournée, à l’Automne 2019 précisément. C’est le scénario pour ce nouvel album de Foals.
    Car Foals, c’est un groupe qu’on suit désormais sans déplaisir, sachant qu’ils peuvent surprendre, mais on ne les tient plus pour une des meilleures formations de la scène actuelle et on est moins (...)

  • Roger Waters - Is This The Life We Really Want ?

    Ici, on a toujours privilégié la critique et l’analyse plutôt que le versant personnel, on a toujours dit ‘on’ au lieu de ‘je’ mais bon, on a une vision différente pour certains artistes et il est aussi illusoire et inutile de la cacher. Ainsi le premier texte que j’ai écrit sur un album date de 1992 (non, il n’existe plus de trace du méfait) et traitait d’Amused to Death de Roger Waters, grand album au demeurant. L’ancien bassiste de Pink Floyd n’en a d’ailleurs rien sorti depuis, privilégiant de (...)

  • Ride - Weather Diaries

    Le point d’entrée d’un groupe, l’album qui nous l’a fait découvrir, est loin d’être anodin, et conditionne l’image qu’on en aura pour le reste de leur carrière. Quand on découvre leurs débuts, tout va bien, mais il arrive qu’on l’aborde par la bande sans le vouloir. C’est ainsi que j’ai découvert Jesus and The Mary Chain via leur atypique Stoned and Dethroned et Ride à travers Carnival of Lights pour découvrir après que cet album décrié (mais que j’aime beaucoup) était établi bien loin de leur camp de base. (...)

  • Unik Ubik – I’m Not Feng-shui

    Quand on avait entendu Maggie Débloque, on n’avait pas tout de suite succombé. Peut-être que l’idée de s’en prendre (justement) à une ministre démise depuis des lustres ne semble pas l’idée de l’année. Surtout parce que la musique à haute dose d’énergie et de complexité attend son moment. Il est arrivé plus tard, et il est arrivé, et l’album passe d’un coup d’un seul. Parce qu’une fois que l’envie est là, on apprécie cette étreinte qui jamais ne se desserre.
    Le chant décalé et choral est dans les canons (...)

  • A Place To Bury Strangers – See Through You

    Comme Animal Collective, A Place To Bury Strangers nous indique que la musique est la rencontre de morceaux et d’un son. Ces morceaux pourraient être traités de façon binaire et être du punk ou du post-punk de consommation courante mais leur traitement en fait autre chose. Alors que toutes les musiques très typées ont tendance à uniformiser leurs représentants, ils ont toujours eu cette propension à se distinguer. Et on a suivi le cours de leur discographie depuis les débuts, même si on a (...)

  • Motorama - Before The Road

    Mine de rien, les Russes de Motorama sont arrivés à trouver un style bien personnel, même si les composantes peuvent se retrouver par ailleurs. On l’avoue, la tentation de reprendre intégralement la critique de Many Nights et de mettre à jour quelques titres de morceaux a été grande. Mais si l’honnêteté nous pousse à réécrire un article, on se doit aussi de préciser que ce qui en a été dit à l’époque s’applique toujours.
    Non, ce n’est pas encore solaire, mais leur façon de distiller de la mélancolie sans (...)

  • I LIKE TRAINS - KOMPROMAT

    Si vous voulez la version courte, ce cinquième album d’I LIKE TRAINS est un des plus percutants de l’année, et ça s’écoute en dessous de l’article. Si vous voulez un peu plus de détail, on peut commencer par un rappel des faits.
    On avait craqué tout de suite pour le groupe de Leeds, pour ce mélange de sons et structures post-rock utilisés dans des morceaux qui reposaient aussi sur la voix de baryton de David Martin. Il y avait ce sens du paroxysme qui vrillait l’âme au casque ou en concert. Il y avait (...)