Accueil > Musique > 2015 > Frog Eyes - Pickpocket’s Locket

Frog Eyes - Pickpocket’s Locket

mercredi 11 novembre 2015, par Marc


Si on n’a jamais parlé de Frog Eyes en tant que tel, on connait bien la famille. Carey Mercer est en effet avec Dan Bejar et Spencer Krug un des membres de Swan Lake. Ceux qui connaissent toutes ces formations seront très vite chez elles ici, même si l’abord est un peu plus abrupt.

Alors que Dan Béjar tend vers une forme plus directe mais fouillée avec Destroyer, Mercer reste plus alambiqué et obscur. Mais ce n’est pas trop déroutant pour ceux qui se seraient frottés à, disons, Sunset Rubdown, autre projet de Spencer Krug. C’est d’ailleurs ce dernier qui signe les arrangements de cordes. Les violons semblent à ce titre un peu lisses par rapport aux morceaux torturés qui les accueillent.

S’il reste un interprète et compositeur hors du commun, il n’est pas prêt de supplanter un Owen Pallett (on en est proche pour The Demon Runner), Patrick Wolfou River Whyless dans cet exercice. Attention, tout est classieux et sobre mais sans fantaisie, ce qui est un comble quand on voit les forces en présence. Sans doute est-ce voulu d’en faire un élément modérateur. Ceci dit, on dénote quand même pas mal de panache sur Rip Down The Fences ou Crystal Blip.

Ce qui frappe d’emblée par contre, c’est que Mercer est un interprète hanté, de la trempe de ses compagnons Béjar et Krug. On dénote même des traces du Bowie des premiers albums quand sa voix monte (Death’s Ship, Rejoinders In The Storm). Ce qui forcément induit souvent une belle intensité comme sur le solide Rejoinders in the Storm qui se relance en toute fin de fort belle façon ou le bien dosé The Beat Is Down. Et on se fait à l’occasion surprendre par des morceaux comme I Ain’t Around Much qui montent bien haut quand on ne les attend plus.

Il y a donc plein de rapprochements faciles avec des artistes qu’on connait bien puisque Mercer a le même sens de la mélodie tordue et de l’intensité comme but ultime que ceux qu’on apprécie depuis tellement longtemps mais si sur la longueur on ne se hisse pas toujours aux sommets constants de Destroyer ou Moonface, la personnalité de Mercer en fait un interprète fort et unique. Si vous aimez la famille, vous ne pourrez qu’apprécier ce membre-là.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)

  • Destroyer - Labyrinthitis

    On ne se lassera pas de L’équilibre entre les découvertes continuelles (oui, envoyez plein de choses) et les retours réguliers d’artistes appréciés. Le premier volet s’auto-alimente presque miraculeusement, le second volet est déjà bien fourni cette année.
    Le rock s’est bâti sur un mythe de jeunesse et chaque vague qui est venu après les origines (Punk, grunge, indie...) a prolongé cet état d’esprit. Quand un rock ’adulte’ a émergé, appelé AOR, c’était aussi un repoussoir, une union contre nature qui il (...)

  • Spencer Krug - Fading Graffiti

    Un premier album solo de Spencer Krug sous son nom propre. C’est étrange que ce soit la première fois. Parce qu’on le connaît depuis longtemps, qu’on relaie la bonne parole du Canadien sous toutes ses incarnations avec Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lakeet Moonface, avec ou sans Siinai. Avec les concerts, ce sont 19 articles sur ce site. Bref, Spencer est une vieille et très chère connaissance.
    On est donc en terrain connu même si ce qu’on entend sur ce Fading Graffiti n’est pas identique à (...)

  • Islands - Islomania

    Peu de groupes ont su se forger une place privilégiée dans nos oreilles comme Islands. On a accroché tout de suite le wagon, dès leur premier album, sans connaître les Unicorns. Outre la bonne surprise de leur retour inespéré, il y a eu cette magie du bon album écouté au bon moment. Cet état de grâce n’a pas été constaté à chaque fois mais il a bien eu lieu.
    La formation canadienne a toujours su imposer une coloration à chaque album sans jamais se dénaturer, au point de pouvoir livrer simultanément deux (...)