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King Creosote - Astronaut Meets Appleman

vendredi 23 septembre 2016


La prolixité d’un auteur peut être un obstacle à sa visibilité. Le cas de l’Ecossais Kenny Anderson est assez exemplaire de ce point de vue. Alors qu’on lui attribue une quarantaine d’albums, il semble n’en avoir jamais assez. Même si on a été plus que séduits par sa magnifique collaboration avec Jon Hopkins ou son album d’il y a trois ans, on est depuis passés à côté de plein de choses de sa part, sans doute délectables. C’est comme ça, on regrette rarement de rater un métro s’il y en a plein dans la foulée mais ici, quand on raccroche le train (ou le métro, donc) la gratification est tellement immédiate qu’on regrette en fait d’avoir manqué autant d’épisodes.

Mais comme il revient tel qu’en lui-même, on se doute donc qu’on n’a pas manqué beaucoup de brusques revirements. Sa spécialité, ce n’est pas la perle pop compacte, c’est le morceau qui vous prend et qui ne vous là¢che plus, longtemps s’il le faut. Le premier (c’est celui de la vidéo ci-dessous) monte déjà et on pourrait s’arrêter là tant on se laisse porter par ce morceau ample et doux, qui convoque toute la panoplie (claviers, guitares, chœurs, harpes et tout et tout) et semble déjà nous border. Il ne nous là¢chera plus donc, et après quelques progressions d’accord de Melin Wynt, on sait qu’on n’en sortira plus.

Oui, il est fièrement Ecossais. Son album récent From Scotland With Love en a récemment témoigne et la cornemuse est décidément un bel instrument qui trouve ici une place à sa mesure. Comme les cuivres chez Beirut ou Calexico, elle trouve ici des morceaux pour s’épanouir. On la retrouvera plus tard pour relancer Surface, morceau au son dense comme un gros cake

Sa voix particulière apporte une dose d’intimité et de fragilité à une musique qui elle semble solide mais pas formatée. Et elle se fond bien dans sa versatilité. Parce qu’après un début d’album en mode majeur, il se calme un peu, préférant prendre des chemins jolis sans être poignants (imparable Betelgeuse). S’il ne se loupe jamais, on constate peut-être un peu moins de variété et de constance que sur That Might As Well Be It, Darling. Tout est relatif évidemment vu le niveau moyen. Il prend congé de nous par un morceau assez hors-format (justement nommé The Long Fade). Il s’en sort toujours bien, parce qu’on n’a jamais l’impression qu’il rallonge la sauce mais qu’il continue sur son élan.

La multiplication des sorties ne fatigue donc pas King Creosote, et il maintient sans effort apparent son niveau, celui d’un des artistes majeurs et méconnus d’une pop luxuriante.


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