mercredi 7 décembre 2016

La personnalité d’un artiste, c’est quelque chose de primordial. Installer un univers, le peupler de chansons marquantes pour pouvoir tranquillement creuser le même sillon ou plein d’autres, c’est l’œuvre d’une vie, et finalement rares sont ceux qui ont réussi à marquer. On peut définitivement ranger Regina Spektor parmi les artistes à personnalité, surtout depuis la magnifique paire Begin To Hope et Far.
Certes, on ne peut pas dire que What We Saw From The Cheap Seats était du même tonneau, mais il restait dans la lignée, tout comme l’est son huitième album studio qui marque un retour à une façon peut-être plus pop. C’est ce qu’on entend en effet dès le single Bleeding Heart. Il donnait une bonne idée de ce que pourrait être cet album, à savoir une envie de classicisme et d’accessibilité. On ne dénote donc pas trop de tentatives hors de son camp de base et finalement, c’est reposant de ne pas passer de morceaux. Ce ne sont pas les chœurs amusants de Small Bill$ qui vont nous perturber.
Elle l’enchaîne avec le beau Black and White qui est tout de même à deux doigts du kitsch mais se montre plus sensible. Si je ne suis pas certain d’avoir tout compris au contexte de Grand Hotel, il n’en reste pas moins que c’est une grande mélodie. L’émotion, elle, est sans doute moins présente que sur Far et les coups d’éclat moins fréquents mais on sent assez vite que le très beau Sellers of Flowers va nous accompagner longtemps comme le plus spectaculaire The Trapper and The Furrier, plus pesant, plus insistant, plus marquant aussi, tout comme l’enlevé Tornadoland qui pratique les changements de braquet.
Older and Taller est quant à lui plus que doux-amer, il se fait carrément grinçant (Enjoy your youth/Sounds like a threat), mêlant réalité professionnelle et musique enjouée, fluide et ne reniant pas les violons. Parfois aussi, surtout, c’est simplement beau (The Light ou Obsolete). On le voit, ceux qui aiment Regina parce que c’est drôle ou émouvant ou épique se retrouveront dans cet album peut-être moins brillant mais qui ne compte pas de scorie.
L’intérêt de se produire sous son nom propre quand on a un groupe dont on est le seul membre fixe et le leader avait posé question sur le premier album de Will Sheff. Comme pour ajouter de la confusion, celui-ci sort en tant que Will Sheff & Okkervil River mais est présenté comme un album solo de Will Sheff sur le Bandcamp d’Okkervil River. Bref Will est de retour avec d’autres musiciens (…)
Si vous fréquentez ce site, même très occasionnellement, il ne vous aura pas échappé qu’il y a quelques marottes, quelques artistes fétiches. Parmi ces attachements presque irrationnels, il y a Shearwater qui a toujours été défendu en nos colonnes tout en ne semblant pas être destiné à une large diffusion. Il n’en reste pas moins que notre plaisir d’auditeur est sincère et il n’a pas vraiment (…)
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)