Accueil > Critiques > 2005

Daft Punk : Human After All

mercredi 16 août 2006


Autant le dire tout de suite, le duo français m’inspire des sentiment contrastés. Positifs pour le premier album frais et fort réussi. Fort négatifs pour les insupportables frasques inispirées sur fond de manga aux couleurs vomitives (l’absolument insupportable One more time).

Peu de groupes ont pu trouver si vite un son reconnaissable mais il semblent prisonniers de leurs propres tics. Si les Daft punk sont restés de très bons tritouilleurs de son (le très Fatboy slim Technologic, The brainwasher) l’inspiration ne semble plus à son zénith.

Les robots découvrent les guitares. Ca, c’est le concept de base de l’album et montre l’indigence à peine croyable du propos. C’est finalement ce qu’il y a de plus fumeux. Ce qui aurait été innovant il y a 25 ans (pensez qu le premier album de suicide en a presque trente) ne l’est plus deux décennies après Kraftwerk. Le riff de Robot rock qui d’ailleurs se révèle supérieur à l’original a quand même plus de vingt ans au compteur et l’époque actuelle fait bien mieux (les Chemical Brothers, Le Rubin Steiner de ’Your life is like a Tony Conrad concert’), sans compter que les groupes intéressants font l’inverse, c’est à dire incorporer de l’électronique à leurs instruments (de Garbage à Radiohead).

Quelques règles de base pour "la musique électronique pour les nuls" maintenant : Un peu de vocodeur, c’est bien, du vocodeur systématique c’est pesant (Televison rules the nation). Répéter une seule phrase, voire un seul mot c’est vite horripilant (Emotion, The prime time of your life). On est parfois plus efficaces en ne disant rien (The brainwasher)

Au final donc, des moments qui vont encore nous faire transpirer mais tout semble si prévisible et entendu que Daft punk devra se remettre sérieusement en question pour survivre. (M.)


Répondre à cet article

  • Odd Beholder – Honest Work

    On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
    Après avoir revisité sa jeunesse suisse (…)

  • Chevreuil - Stadium

    L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
    La (…)

  • La Jungle - An Order of Things

    Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)

  • Snake De – Alla Sorrentina

    Certains labels sont une promesse. En se frottant à une sortie de l’aventureux Kythibong, on sait qu’on s’embarque pour une aventure. D’autant plus que la cheville ouvrière Aymeric Chasleries est ici à la manœuvre, associé à Maxime Canelli.
    Le nom de la formation est tiré du jeu Nokia Snake 2. Au-delà de l’anecdote, on sent qu’une envie ludique domine largement ici. Utiliser des instruments (…)