Accueil > Musique > 2017 > Peter Silberman - Impermanence

Peter Silberman - Impermanence

mardi 11 avril 2017, par Marc


On l’a déjà dit, la critique objective est un leurre, une chimère qu’il ne faut même pas tenter de poursuivre. Parce qu’au fil du temps et des découvertes, on peut aussi devenir fans d’artistes. Après quelques albums et plusieurs concerts intenses, The Antlers fait partie de nos préférences, sans doute possible.

On peut toujours se demander ce qui pousse un artiste qui a visiblement le contrôle total de l’aspect artistique d’une formation à se lancer dans une carrière solo. Ce sont visiblement les circonstances qui ont décidé. Des problèmes auditifs avaient rendu Silberman pratiquement sourd d’une oreille et c’est pendant sa convalescence que ces morceaux ont pris forme. On n’est pas loin de la genèse de l’excellent album de Siskiyou.

Pour ceux qui connaissent et aiment les Antlers et qui doivent constituer les auditeurs les plus probables de cet album, sachez que sans jouer au jeu des sept erreurs, cet album est pour vous si on considère quelques particularités. En gros, on ne retrouve pas la fièvre électrique des montées, ces grands huits émotionnels. Karuna, c’est une voix, une guitare légère, des passages par le silence complet. L’expressivité rentrée de Silbermann est évidemment souveraine en ces occasions. Ces morceaux (plutôt longs) tiennent la route en l’état, on s’empresse de le préciser. Par exemple, le New York présenté ci-dessous est un exemple de morceau qui aurait été un interlude inspiré sur un autre album et devient un moment marquant ici.

Cet album, bien plus que ceux des Antlers, pourra grandir en vous en fonction de votre état d’esprit. La délicatesse extrême de ce premier essai solo est en effet à réserver à des moments d’apaisement poussés. La maitrise de la lenteur est remarquable chez Silberman mais on ne peut s’empêcher de la préférer quand elle se mêle à l’ampleur de son projet de base.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Will Sheff - Nothing Special

    On peut toujours se demander ce qui pousse des artistes a priori seuls maitres à bord de leur formation à vouloir se lancer dans l’exercice solo. On sait depuis toujours qu’Okkervil River, c’est Will Sheff et les musiciens avec qui il a envie de travailler. Lui qui avait annoncé Okkervil River R.I.P. sur l’album Away (qui du reste n’est pas le dernier) semble maintenant faire de cette déclaration une réalité.
    Envie de se frotter à des sujets plus personnels, envie de nouveauté en accord avec une (...)

  • Of Montreal - Freewave Lucifer fck

    La carrière d’Of Montreal est un peu comme ses chansons et ses albums, faussement insaisissable mais qui permet de dégager des structures. On a ainsi oscillé entre un découpage forcené parfois captivant mais occasionnellement crevant et des albums solides et accrocheurs à la fois. Il faut dire que même après plus de quinze ans (et 10 albums relatés), on n’arrive toujours pas à anticiper les mouvements de Kevin Barnes et c’est très bien comme ça...
    Ce processus de consolidation et déconstruction (...)

  • Regina Spektor – Home, Before and After

    Il est parfois un peu dépréciatif de parler d’album de la maturité en matière de rock. On cache en effet sous ce terme le remplacement de l’énergie et de l’excitation des débuts par une forme plus fouillée et plus policée qui parle plus à l’esprit qu’au corps. Mais Régina Spektor ne fait pas exactement du rock et on notait sur tous ses albums des moments plus expérimentaux qui étaient un rien rudes pour nos petits nerfs, comme si elle devait montrer que tout ça n’était pas si sérieux. C’était à la marge, (...)

  • Perfume Genius – Ugly Season

    Les carrières musicales les plus passionnantes sont rarement linéaires. Mais elles ont toutes tendance à suivre la même direction : vers le haut. Depuis ses débuts, on n’a en tous cas à déplorer aucune baisse chez Mike Hadreas. Et ce n’est pas cette nouvelle évolution qui va inverser la tendance.
    Les musiques qui constituent cet album ont été à l’origine composées pour la pièce dansée The Sun Still Burns Here du studio Kate Wallich. Ce travail commissionné par le Seattle Theatre Group a connu des (...)