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Ellen Allien - Nost

mercredi 24 mai 2017


Il faut remonter loin pour trouver des traces d’une critique en bonne et due forme d’un Album d’Ellen Allien, même si Sool en 2008 m’avait laissé une franche bonne impression. Il faut dire que le monde techno a évolué, que moins sortir accentue la distance avec le genre.

Pour son quatrième album solo, Ellen produit donc de la techno berlinoise, sans fioritures et très directe. Comme elle le dit elle-même d’emblée en triturant beaucoup sa voix

It’s Not A Mind Trip/It’s a body trip

Ce premier morceau de près de 10 minutes pour le premier morceau, pièce éminemment cinématique qui ne peut venir que d’une compatriote de Kraftwerk. Répétitifs et hypnotiques, il faut aller chercher les variations dans les effets, les échos, plein de choses subtiles qui distinguent le genre de l’EDM bourrin mais il faudra aussi accepter cette longueur

Ce n’est pas un album d’expérimentations, mais une suite sérieuse de morceaux construits, polis et bien finis. Ce qui constitue la force et la faiblesse de cet album. Sur une durée pareille, un mix bien fichu s’évertue à distiller hauts moments et apaisements en une appréciable gradation. Cette adrénaline manque forcément ici et en tant que tel apporte moins de gratification que Thrills. Donc l’espace de jeu que permet un album complet n’est vraiment pas exploité ici.

Evidemment, on retrouve sur Call Me une ambiance de club à trois heures du matin et c’est sans doute celui qui se rapproche le plus d’une bombe à retardement de dancefloor. Dans cet océan de son rude et bien charpenté, c’est à peu près la seule vraie giclée d’adrénaline. On est loin dans un genre connexe de la réussite presque totale du dernier Stephan Bodzin. De même Stormy Memories propose une progression mais ce sont les seuls qui ne semblent pas se figer sur de rails.

On a donc connu Ellen dans des dispositions plus jouettes, voire bien plus inspirées. Mais quelques morceaux surnagent sans problème d’un album sans faiblesse qui nous a rappels quelques hautes heures de l’electro berlinoise. La nostalgie du beat si on veut.


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