Accueil > Musique > 2017 > Pale Grey - Waves

Pale Grey - Waves

jeudi 26 octobre 2017, par Marc


Dans l’écurie Jaune Orange, le mot d’ordre semble être la confiance. Celle qui peut voir Dan San attaquer la force tranquille de Midlake ou Piano Club embrasser ses envies disco. On suit Pale Grey groupe depuis un petit temps déjà, commencé comme un side-project discret qui prend du galon et de l’ampleur.

Pour en prendre toute la mesure, plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, même si on avait été mis en confiance il y a quelque temps par le single Billy. Ce morceau est un peu éthéré au début mais l’intensité guette. Et quand elle arrive, on tient le plus grand moment de cet album.

Si l’album commence fort, il termine aussi sur de très bonnes bases avec la jolie mélancolie de Seasons et la petite résurgence réjouissante sur Waves. Ce sont clairement les trois morceaux les plus marquants mais ceux qui sont compris entre eux méritent aussi le détour.

Hunter est bien, ne cherchant pas à prendre l’auditeur systématiquement dans le sens du poil malgré un départ bien entraînant. Grace est lui plus en apesanteur, certes, mais apparaît comme bien léger avant une fin plus percutante. On constate qu’il n’est pas rare que les morceaux présentent deux visages distincts. Ils apparaissent plus solides que toute la vague vapourwave de musique pour bain moussant. On n’en est pas loin cependant sur les morceaux les plus légers comme Ghost. Ce n’est pas un jugement de valeur même si on préfère quand la densité est supérieure. Peut-être faut il y voir le côté pile de la production soumise à la compétence de Yann Arnaud (Air, Phoenix). On y gagne en professionnalisme, c’est certain mais il force aussi une attention supérieure pour discerner les petits trésors un peu cachés, comme ces instrumentaux au clavier très légers (Light)

On retrouvera étrangement un peu de force quand des éléments de Hip-Hop sont introduits sur Late Night. Les vocaux sont alors confiés à Serengeti (Why ?). La densité est là et permet à ce morceau de se maintenir. Ceci dit, on est moins clients du flow de Crow ou de la voix de tête sur Loss qui prend un virage bien léger après un début engageant. Tout le monde aura ses préférences, c’est certain.

Au final, cet album riche mais discret semble étrangement proche de celui de Girls In Hawai qui sort en même temps. On ne pourrait trop conseiller aux fans du groupe de Braine-l’Alleud de prêter une oreille à ce groupe qui sortie après sortie confirme sa place sur la scène belge. Pas de doute, Pale Grey a bien évolué. Très propre au premier abord, cet album sait distiller ses charmes au fil des écoutes pour s’imposer comme une valeur sûre.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Van Den Bear - No Plan Survives First Contact (EP)

    On n’a pas deux fois l’occasion de faire une première impression. Fort de ce poncif, le Bruxellois Antoine Van den Berg entame son troisième EP avec fracas, comme une version (forcément) soft d’A Place To Bury Strangers, déflagrations comprises. La voix est clairement l’argument principal mais ce n’est fort heureusement pas le seul. On peut donc convoquer sans honte des références au bel organe parce que musicalement, ça soutient mieux que la comparaison avec des Sivert Hoyem et dans le genre, il faut (...)

  • Auguste Lécrivain - Noir Quart D’Heure

    Sans qu’on sache trop pourquoi ni comment, les artistes francophones deviennent plus nombreux en ces colonnes. Et logiquement, la diversité est au rendez-vous. Si on vous a parlé de ceux qui brouillent les frontières et les genres, ce jeune artiste belge se situe dans un versant résolument traditionnel. Mais n’allez pas en déduire que c’est daté, le son et les influences un peu bossa viennent logiquement relever le tout. Même s’il faut être honnête, c’est quand cette influence est la plus marquée (...)

  • Marble Sounds - Marble Sounds

    La douceur de Marble Sounds est un refuge qui ne nous a jamais déçus. Le versant moins folk de sa formation jumelle Isbells a sorti un cinquième album et la bande de Pieter Van Dessel garde la façon de rester intimes tout en étant amples et est remarquable.
    Sans surprisie, c’est toujours beau, fluide et éthéré. My Initial Intentions est même un instrumental. Et puis ils peuvent compter sur des mélodies fortes, qui peuvent se fredonner. Les morceaux restent courts mais proposent une progression (...)

  • Monolithe Noir – Rin

    Quand on a appris l’existence de Monolithe Noir à l’annonce de cet album, l’oreille a tout de suite été accrochée et les témoignages live qui existent ont franchement impressionné. La lecture des titres nous renverrait plutôt chez Yann Tiersen. Le clin d’œil mis à part, ce qu’a produit le Breton récemment n’est pas si éloigné et puis la Bretagne et ses paysages sont une source d’inspiration ici. On trouve ce qui nous avait attirés chez eux, ce dialogue permanent entre structure et textures et puis une vraie (...)