Accueil > Critiques > 2005

Editors : The Back Room

mercredi 16 août 2006, par marc


Comme dans le film d’Hitchcock, les corbeaux attaquent. Après les offensives new-Yorkaises de The Bravery et Interpol, voici la réplique anglaise. Pour quelqu’un qui a moyennement apprécié les derniers nommés, voici une alternative de fort bon aloi. On sent la sincérité plus marquée. De plus, la volonté de faire des tueries de dancefloors est moins présente, au profit de plus d’intensité.

L’époque recycle des poncifs d’une époque que j’apprécie (la cold-wave du début des années ’80) mais si c’est facile d’y trouver des repères, l’uniformité guette (promis, on va préparer une synthèse de comparaison, de Bloc Party à Interpol en passant par The Bravery, Maximo park, Editors et The Departure).

Bien sûr, les performance scéniques des Editors (pour une fois, il ne s’agit pas de THE Editors) ne sont pas encore à niveau. En effet, le chant y est plus qu’approximatif, alors qu’ici il évoque surtout Ian Mc Culloch (Echo and the Bunnymen dont le spectre plane sur les ambiances), voire Brendan Perry (Dead Can Dance) comme sur Camera, ou encore Ian Curtis sur Someone says. C’est amusant de constater que, musicalement, Interpol constitue un point de repère proche mais pas Joy Division. Car si la mélancolie ici est typiquement mancuniennne (ils sont Ecossais cependant) elle tient plus de celle des Smiths (Open your arms). L’intensité des guitares renvoie presque même à la référence en la matière cette année : Bloc Party. L’émotion est d’ailleurs au rendez-vous, comme sur la fin de Camera ou de Blood.

Sans doute un groupe de trop vu le contexte, sa qualité et son supplément d’âme lui permettent quand même de surnager et c’est déjà ça. Une référence donc dans le style même si les influences sont trop balisées pour qu’on puisse crier au génie original. (M.)

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Lescop - Rêve Parti

    Il y a des noms qui sont liés à une époque, qu’on oublie forcément un peu avant de les voir ressurgir de nulle part. Lescop fait partie de ceux-là, vous l’avez definé, petit.e.s futé.e.s que vous êtes. Les années ’80 sont une esthétique qui n’a plus déserté le paysage musical depuis plus de 20 ans. Mais si ce troisième album reste dans ce (micro)sillon, il le fait avec tant d’allant qu’on ne peut que céder. (...)

  • LSSNS - Transit

    I know it when I see It
    Cette phrase d’un juge de la cour suprême américaine quand on lui demandait ce qu’était la pornographie peut aussi s’appliquer à certains styles musicaux, aussi faciles à identifier que compliqués à décrire. Les années ’80, ce n’est pas qu’une lointaine décennie, c’est un parfum qu’on reconnait tout de suite chez ce trio finno-allemand.
    Et il convient bien à cette pop au synthé bien (...)

  • The Ultimate Dreamers - Echoing Reverie

    Le vintage années ’80 est un style qui se pratique depuis des dizaines d’années. S’il peut évidemment être pratiqué par des novices, on ne se lasse pas non plus de ceux qui ont vécu les évènements en direct. Outre les légendes Wire, il y en a d’autres qui ressurgissent du passé. Actif au milieu des années ’80, le quatuor belge est revenu aux affaires à la faveur du confinement qui les avait vus dépoussiérer (...)

  • AstraSonic - Society

    Les influences, on peut les aborder frontalement ou par la bande. Dans le cas du second album du groupe belge, si les marqueurs post-punk ou cold sont bien là, ils sont déjà très processés. On vous a déjà parlé de groupes comme Ultra Sunn (et on vous reparlera de The Ultimate Dreamers) plus frontalement cold wave ou gothique, on est plutôt ici dans un pop-rock mélancolique qui lorgne du côté d’un (...)