mercredi 5 septembre 2018

Sympathie, voilà ce qu’a inspiré tout de suite Devotchka. Et elle ne s’est jamais étiolée, ce qui est une belle performance alors que bon, le contexte n’est plus vraiment en leur faveur. On ne peut pas dire que des formations comme Beirut ou Calexico représentent la tendance la plus visible du marché. Mais loin de sembler démodée, la formation de Denver a su maintenir sa spécificité dans un genre qui semblait bien balisé. Et puis comme pour Yann Tiersen, il y a eu une exposition filmique. Ce fut l’excellent Little Miss Sunshine qui leur a servi de carte de visite. Depuis, plutôt que de miser sur une hype qui pourrait s’essouffler, ils ont créé des musiques pour la TV, des films ou des ballets. Ce This Night Falls Forever est donc leur premier album studio depuis 2011.
Evidemment, la voix particulière de Nick Urata est toujours là , unique, un peu déroutante peut-être pour celui qui la découvre. Quand elle monte, elle se fait plus aiguë, Un peu comme celles de Jean-Jacques Goldman et Gérard Jugnot au début de leurs carrières, voilà …
Le single Straight Shot est ensoleillé comme il faut mais sans cuivres (ils viendront plus tard), ce qui les distingue d’une formation comme Calexico. On imagine d’ailleurs que les auditoires des deux formations est assez identique, avec ici un allant qui nous avait manqué sur le par ailleurs très agréable dernier Calexico (non critiqué par nos soins d’ailleurs). Leur mélange de cuivres et de cordes est toujours très intégré dans leur son, l’exception symphonique étant ce très bon live.
A l’inverse d’une chaine dont la solidité est conditionnée au plus faible de ses maillons, il convient de mesurer un album à ses hauts faits plutôt qu’à ses moments plus faibles. Notons d’emblée que ces derniers ne sont pratiquement pas là mais que leur style reconnaissable s’incarne mieux dans certains morceaux que dans d’autres.
Lose You In The Crowd. Voilà ce qu’on était venus chercher, une émotion supérieure induite par ce qu’on connait déjà (roulement de batterie, changements progressifs de braquet…) mais dont on voit mal se lasser. On écoute encore énormément All The Sand In All The Sea, donc il y a encore de la place. Et on ajoute ça à ce qu’on a beaucoup aimé en 2018… Ils ont aussi une autre façon de faire mouche sur Empty Vessels, un rien plus sombre et directe. On préfère ces morceaux plus francs du collier comme My Little Despot ou leur americana goth d’ampleur sur Break Up Song.
Moins subtils sans doute que la bande de Will Sheff, on pourrait les rapprocher d’Okkervil River. Bref, ils font définitivement partie de ce pan de la musique indépendante américaine qu’on révère ici. On n’attendait d’eux qu’une série de morceaux pour ne pas tiédir notre attachement et les fulgurances qu’on gardera longtemps. Mission accomplie.
Si vous fréquentez ce site, même très occasionnellement, il ne vous aura pas échappé qu’il y a quelques marottes, quelques artistes fétiches. Parmi ces attachements presque irrationnels, il y a Shearwater qui a toujours été défendu en nos colonnes tout en ne semblant pas être destiné à une large diffusion. Il n’en reste pas moins que notre plaisir d’auditeur est sincère et il n’a pas vraiment (…)
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)