Accueil > Musique > 2005 > Four Tet : Everything Extatic

Four Tet : Everything Extatic

mercredi 16 août 2006, par Marc


"Parler de musique, c’est comme danser de la peinture". C’est ce que disait David Byrne des Talking Heads. La volonté de faire un tel site montre qu’on n’adhère pas complètement à cet aphorisme, mais parfois, en présence de musique électronique plus originale, on se retrouve un peu bête et à court de mots. Mon but ne sera pas de décrire mais d’expliquer pourquoi il faut écouter Four tet. Même si on n’est pas obligé d’aimer (il ne manquerait plus que ça), il faut quand même savoir que ça existe.

Traditionnellement, la musique électronique donne une image désincarnée, robotique (sans tomber dans le panneau du haut ridicule de Daft punk), mais ici, c’est à un versant plus humain, jazz, voire même organique auquel on a droit. Ce qui étonne le plus, les compositions organiques sont obtenues à base d’instruments purement électroniques (les cloches dans High fives).

Les rythmiques sont tout sauf robotiques, évoquant souvent ces précurseurs de Can (A joy, Sun drums and soil) ou du free-jazz. De petites pauses plus atmosphériques sont également prévues (Clouding, And the patterns), histoire de pouvoir se replonger plus profondément la transe Hallucinée de Sleep, eat food, have visions.

J’ai toujours eu un failble pour les roulements de batterie. quand ils sont à la fois délirants et discrets, c’est chouette comme tout (Turtle turtle up), surtout quand la simplicité revient juste à temps pour accompagner une montée.

Précisons finalement que le tout n’est pas hermétique pour deux balles, que Four tet a déjà fait la première partie de Radiohead et qu’il emmène son petit laboratoire sonore au Pukkelpop. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Plastikman and Chilly Gonzales - Consumed in Key

    Plaquer du piano sur un album électro semble une idée improbable. Mais repousser les limites de l’improbable semble une mission de tous les jours pour Chilly Gonzales. Il a ici jeté son dévolu sur un classique electro de Plastikman (un des prête-noms du génial Richie Hawtin) sorti en 1998 sous la houlette d’un troisième comparse canadien, Tiga.
    Si j’ai usé l’incunable Transitions, acte fondateur minimal, je n’ai jamais plongé plus avant mes explorations du maitre. Une erreur sans doute partiellement (...)

  • Kowari - Trail

    Kowari est le projet du violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et du pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane) et propose un mélange de cordes et d’électronique. Oui, on a déjà entendu ça récemment chez d’autres duos comme Abraham Fogg ou MadSci. Mais le résultat est sensiblement différent ici et c’est une bonne chose, les comparaisons frontales ne sont jamais plaisantes.
    Tout d’abord, la force du duo belge est indéniablement mélodique. Quand ils ajoutent une trompette sur Daylight, on songe (...)

  • Glass Museum – Reflet

    Il est étonnant de constater à quel point un concept simple sur le papier (un piano et une batterie) peut se décliner. Le troisième album (si on inclut Deux) du duo belge Glass Museum montre qu’il est même possible de faire évoluer la formule. Leur style était déjà bien affirmé et on connaissait leur versant plus percussif, surtout si on considère le piano comme un instrument à cordes frappées. Ils avaient ensuite injecté un peu d’électronique au mélange pour un résultat toujours musclé. Les envies du (...)

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)