Accueil > Musique > 2019 > Kangling - Graceful Machines

Kangling - Graceful Machines

vendredi 22 mars 2019, par Marc


Kangling est une formation belge menée par Axel Gilain. Mais si comme pour moi c’est une découverte, vous ne serez pas déconcertés longtemps, les choses commençant fort bien et de façon chaloupée, avec un orgue bourdonnant qui assure la basse. Vous entendrez d’emblée de la soul moderne et dense comme on en écoute finalement peu. Voyez-y un avis profane et non autorisé si vous voulez, mais cette escapade loin du camp de base est bienvenu.

C’est le son plus électrique et dense en conjonction avec l’esprit soul qui plait ici, ce qui permet de ralentir le tempo sans dommage sur Take May Chance. Ce genre d’hybridation avait déjà été réussie par le trip-hop mais la démarche n’est pas la même ici malgré quelques points communs. In my Dream se zèbre ainsi d’éclairs. On n’est pas des fanatiques du solo de guitares mais c’est une belle composante d’un chorus bien dense, avant de repartir dans une belle montée. Dans un genre que ne renierait pas Archive mais sans la répétition et le tout dans un morceau de 5 minutes, belle performance.

Lors des premières écoutes, l’aspect plus soul nous a un peu déroutés parce que c’est un genre qu’on écoute peu. Mais comme on y est revenus souvent, la connivence a pu se faire plus rapidement même quand c’est plus léger (Kings Vinyl). Et puis même quand un morceau apparaît comme moins dense, il peut partir à tout moment d’une accélération bien sentie (Cold Rain).

On le sait, il faut de la qualité pour rester intense quand le tempo se ralentit. On a alors un Hills and Valleys qui flirte largement avec le blues ou la puissance chorale à The Devil Knows Me. A l’opposé du spectre, le gospel sur l’acoustique I Wonder est aussi réussi. La variété est de mise, vous l’aurez compris.

Puissance et densité, voilà les deux qualités qui font clairement sortir Kangling du lot, même pour les béotiens que nous restons. C’est donc un conseil sans réserve, même et surtout pour ceux qui ne sont pas familiers du genre.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Monolithe Noir – Rin

    Quand on a appris l’existence de Monolithe Noir à l’annonce de cet album, l’oreille a tout de suite été accrochée et les témoignages live qui existent ont franchement impressionné. La lecture des titres nous renverrait plutôt chez Yann Tiersen. Le clin d’œil mis à part, ce qu’a produit le Breton récemment n’est pas si éloigné et puis la Bretagne et ses paysages sont une source d’inspiration ici. On trouve ce qui nous avait attirés chez eux, ce dialogue permanent entre structure et textures et puis une vraie (...)

  • Ottus – Ghost Travellers

    l faut toujours laisser le temps aux albums de révéler tous leurs secrets, parce que la profondeur n’est pas toujours tangible en première écoute. Sur le premier opus du groupe liégeois Ottus, c’est le côté folk-pop et les harmonies vocales qui plaisent le plus vite et le plus facilement. Certes Run Away propose déjà une belle ampleur mais cette façon peut aussi se décliner en mode plus léger, voire évanescent (The Old Skills) ou se rehausser de chœurs enfantins (Living Stone).
    Mais ils élargissent leur (...)

  • La Jungle - Ephemeral Feast

    Un peu plus d’un an après Falling Off The Apex, voici déjà La Jungle. Initialement prévu à la fin de l’an passé, il puise comme beaucoup de sorties récentes sa composition pendant la pandémie. Les artistes qui ne tournent pas produisent, c’est assez logique. Ce qui est logique aussi, c’est que cet album se place dans la lignée des précédents.
    Ils se définissent comme kraut/noise et on peut dire que pour imparfaite qu’elle soit, cette étiquette permet de se faire une idée. Ils s’appuient sur une répétition (...)

  • Solah - Ballades

    On le sait, ce qu’on reprend est moins important que la façon dont on le reprend. Quand on prend connaissance des morceaux présents ici, il faut dire qu’un petit frisson parcourt l’échine. On dira pudiquement qu’ils sont éloignés de l’univers musical dont on cause ici. Il y a d’inoxydables classiques, certes, mais on reste proche des heures sombres de Nostalgie.
    Grégory Duby officie souvent en tant que Jesus Is My Son mais on l’a aussi croisé récemment en tant que moitié des très convaincants Secte et (...)