Accueil > Critiques > 2019

Emily Jane White - Immanent Fire

lundi 25 novembre 2019, par marc


La critique comparative, comme celle qui se lance dans le piste-par-piste, est vouée à être fastidieuse. Mais dans le cas d’Emily Jane White, il est compliqué de faire abstraction de toutes les bonnes choses qu’elle nous évoque. Voilà une chanteuse qui a tout de suite su nous mettre à l’aise et ce n’est pas ce nouvel album qui va venir compliquer l’idylle.

En équilibre même pas fragile entre intimité, densité, entre une accessibilité jamais prise en défaut et un son assez personnel finalement, elle nous rappelle des choses comme une Agnes Obel qui mangerait toutes ses céréales au matin ou bien Marissa Nadler quand elle se fait plus acoustique.

Le résultat est logiquement Très beau, majestueux (Metamorphosis), le genre de plaisir qu’on retrouve chez Bat For Lashes. On approuve largement la lenteur lancinante de Infernal qui rappelle qu’elle peut aussi ajouter un peu de lourdeur. Ou alors jouer la légèreté avec le beau Light et sa mélodie de piano assez irrésistible.

Le son est assez particulier, assez sombre, peu spectaculaire malgré les nombreuses composantes. La voix est aussi très versatile, se prêtant à des rapprochements qu’on n’aurait pas fait de prime abord. On retrouve sur cet album plusieurs de ses préoccupations plus sombres et sociétales, allant du constat de disparitions d’espèces animales à l’exaspération du patriarcat.

Je sais que vous aimez les choses belles et intenses à la fois et Emily Jane s’est toujours bien débrouillée pour nous en servir régulièrement. Elle livre donc une bonne rasades de bonnes choses et on l’en remercie. Encore.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

2 Messages

  • Emily Jane White - Immanent Fire 26 novembre 2019 10:45, par Laurent

    À la 4e écoute (consécutive), tout devient évident : la comparaison très judicieuse avec Bat for Lashes, la force mélodique, le clair-obscur qui sous-tend l’ensemble. Complètement envoûté par cet album, j’ai l’impression que c’est son meilleur à ce jour. Mais je vais évidemment réécouter tout ce qui a précédé. Quatre fois de suite.

    repondre message

  • The Rural Alberta Advantage – The Rise and The Fall

    En caricaturant, on avait défini le style de Rural Alberta Advantage avec une voix éraillée et une batterie fièrement en avant. Et on a tout ça ici, d’emblée. On se retrouve d’autant plus en terrain connu que les 6 premiers morceaux sont ceux de The Rise EP paru l’an passé. Ce qu’on en a dit tient toujours bien évidemment.
    Mais il y a encore quelques morceaux saignants comme Plague Dogs. C’est (...)

  • Sufjan Stevens – Javelin

    Chez Sufjan Stevens, il y a les choses qu’on admire et celles qu’on adore et ce ne sont pas nécessairement les mêmes. Et si chez les fans de la première heure le meilleur était au début, c’est sans doute son fantastique Carrie and Lowell qui a été le plus acclamé et est considéré comme la ‘base’ de son style. Parce que Sufjan, c’est bien plus large que ça, entre albums hénaurmes et risqués, ambient pas (...)

  • Taughtme - Laugh On Me

    L’album enregistré en Islande semble être un passage obligé pour bien des musiciens. A l’instar de compatriotes comme John Grant ou Low Roar (le regretté Ryan Karazija), Blake Aaron Henderson a suivi les conseils de son ami harpiste Úlfur Hansson et est allé enregistrer son cinquième album sur la fameuse île.
    Et comme presque tout ce qui émane de ces terres d’exception, il en ressort une délicatesse (...)

  • Rufus Wainwright – Folkocracy

    S’il n’est pas immédiatement associé à une scène folk historique, le pédigrée de Rufus Wainwright ne laisse pas de doute. Il est le fils de Loudon Wainwright III et Kate McGarrigle (chanteurs folk proches de la scène de Laurel Canyon) après tout et tant qu’à rester en famille ses sœurs Lucy et Martha sont là, sa tante Anna McGarrigle aussi. Mais ce n’est pas vraiment un album familial pour autant, il y a (...)