Accueil > Musique > 2020 > Enrico Degani/Fabrizio Modonese Palumbo - Time Lapses

Enrico Degani/Fabrizio Modonese Palumbo - Time Lapses

mercredi 20 janvier 2021, par Marc


Cet étrange album démarre par une version déstructurée de Somewhere Over The Rainbow, suggérant qu’on passe de l’autre côté. Une autre version clôture aussi ce trip, un peu comme Alice qui sortirait du terrier. Et on aura eu son content de psychédélisme dans l’intervalle. Comme pour Alice ou Dorothy, le voyage est déroutant et un brin anxiogène, mais gratifiant.

Il faut dire que le duo connaît son affaire. Enrico Degani s’est déjà fait remarquer par un système harmonique post-tonal et des collaborations avec des artistes d’avant-garde comme Antony Braxton (non, pas Toni Braxton…). On avait déjà croisé le chemin de Fabrizio Modonese Palumbo chez Almagest ! mais il a aussi travaillé avec Jochen Arbeit (Einstürzende Neubauten) ou Xiu Xiu. On le voit, c’est un line-up expérimenté et aventureux mais si le psychédélisme de rigueur sur ces pièces qui font la part belle à l’improvisation mais aucune mise à l’épreuve des nerfs n’est à redouter.

Cette musique instrumentale frôle parfois le drone (Stardust Bath) ou le post-rock larvé (Violet). On note au passage la belle structure sonore métastable de Blop Blop Blop avec ses guitares réverbérées. Il se dégage même une belle mélancolie de Postcard, laquelle se fait plus lancinante sur Night Hunting. Et Shall You Dance With Me est encore plus vindicatif. Cet album est séquencé de façon très étudiée, l’enchaînement correspondant à une vraie progression. On note des sons bien distordus à l’entame de Kitty mais ce n’est qu’une introduction à des structures un peu plus apaisées mais inquiétantes. Comme les expériences visuelles susmentionnées, cette musique peut vous emmener loin sans vous perdre. A vous de tenter le voyage.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Déclic Vol 1 : Mutant

    Parfois le contexte d’un album est plus complexe à détailler que le contenu lui-même. Ici, ce sont deux collectifs de Caen, Collectif Toujours et Neuvième Ruche qui ont rassemblé des artistes électroniques (musiciens mais aussi chorégraphes) et ceci est le produit de leur collaboration. Pour l’exhaustivité, citons les noms des artistes impliqués : Nömak, Canblaster, Gauthier Toux, Samba de la Muerte, Philippe Boudot, Morgane Carnet, Nils Peschanski, Neysa Barnett.
    Difficile donc de discerner les (...)

  • Yann Tiersen - 11 5 18 2 5 18

    Il y a plusieurs carrières dans la carrière de Yann Tiersen, ou à tout le moins des périodes, qui s’entrecroisent, reviennent aussi parfois. On ne va pas refaire le parcours à chaque fois mais si on l’a laissé sur des albums au piano et d’inspiration bretonne, on a aussi beaucoup apprécié son approche du post-rock.
    L’origine de cet album remonte à la préparation d’un set pour le festival Berlinois de synthé modulaire Superbooth. Il en a profité pour se plonger dans les pistes de son album récent Kerber de (...)

  • !!! - Let It Be Blue

    Pour un groupe qui semblait se placer dans une mode, !!! (on peut dire tchik-tchik-tchik quand on cause) a une remarquable longévité. Qui plus est, s’ils sont restés fidèles à ce qui fait leur spécificité, un groove irrésistible et la marque de glande internationale de Nick Offer. Ils ont de plus ajouté sur leurs dernières parutions une dose de mélancolie de dancefloor de très bon aloi et on est contents de la retrouver ici. Le ressenti les rend plus intéressants.
    Une oreille distraite aurait sans (...)

  • Plastikman and Chilly Gonzales - Consumed in Key

    Plaquer du piano sur un album électro semble une idée improbable. Mais repousser les limites de l’improbable semble une mission de tous les jours pour Chilly Gonzales. Il a ici jeté son dévolu sur un classique electro de Plastikman (un des prête-noms du génial Richie Hawtin) sorti en 1998 sous la houlette d’un troisième comparse canadien, Tiga.
    Si j’ai usé l’incunable Transitions, acte fondateur minimal, je n’ai jamais plongé plus avant mes explorations du maitre. Une erreur sans doute partiellement (...)