Accueil > Critiques > 2005

Jean-Louis Murat : Mockba

lundi 21 août 2006, par marc


Encore une parution du plus prolifique chanteur de langue française (à ma connaissance). Donc après le double Lilith fin 2003, le DVD Parfum d’accacia au jardin et le projet A bird on a poire avec Fred Jimenez et Jennifer Charles, voici un nouvel album annoncé comme important. Car il annonce ce qui est récréatif et ce qui ne l’est pas. Et c’est mettre une pression exagérée sur un album qui est finalement inférieur au précédent ’vrai’ qui était Lilith.

Certes, les bons moments ne manquent pas. Par exemple les duos avec Carla Bruni (Ce que tu désires devrait normalement rappeler Jean-Louis au souvenir du grand public) et Camille (le très swing L’amour et les Etats-unis) sont réjouissants. N’oublions pas qu’il s’est fourvoyé en son temps avec Mylène Farmer... Dans le même ordre d’idées, la litanie de dictons désuets de L’almanach amoureux tient fort bien la route malgré la vacuité apparente du sujet. Citons encore Jeanne la rousse et La fille du fossoyeur au rang des titres remarquables. Précisons que les paroles de ces deux dernières (et de La Bacchante) sont signés du poète Pierre Jean de Beranger et sont trous de très haute tenue.

Et puis malheureusement, c’est à peu près tout. Il y a bien des titres lents qui sentent un peu le déjà entendu dans un passé récent (Colin-maillard, Et le désert avance, La fille d’un capitaine, Arrête d’y penser) malgré des orchestrations somptueuses et des arrangements de cordes dus à un membre des Tindersticks (indiscutablement ce qui se fait de mieux en la matière à l’heure actuelle). Passons pudiquement sur les deux titres plus enlevés qui sont à deux doigts du ridicule (Winter, Nixon).

Au total, un bonne tenue générale, quelques scories et des moments de toute beauté. Reste que l’abondance récente content trop de longueurs et que sur les trois albums sortis par an il y a de quoi se forger un album inoubliable. A vous donc de séparer le bon grain de l’ivraie. Et comme tous les albums de Jean-Louis Murat, plusieurs écoutes sont indispensables pour goûter toute la force et la subtilité contenues au détour de chaque chanson.. (M.)

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

1 Message

  • Jean-Louis Murat : Mockba 5 décembre 2006 00:43, par satoris

    Je suis revenu à cet album lors d’une période d’intensité amoureuse. Je l’ai acheté à sa sortie mais sans percer l’envelloppe finalement "colin maillard".
    Aujourd’hui 4 dec 2006, j’ai perçé l’envelloppe et la beauté m’en a été révélée, le sexe de la poésie suinte de velours partout sans en avoir l’air. JLM est une sorte de mystique sexuel : retenez bien cette phrase tirée du hanhanique "fille du capitaine" : "devant pareille beauté/l’esprit demande à Graffenberg/ est-ce là que Morphée va passer ?
    Halleluiha ! et bateau ivre

    Satoris

    repondre message

  • Trotski Nautique - Le Meilleur de A-Bas

    En musique, il est courant que les mots changent de sens. ’Pop’ ne signifie plus la même chose aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Pareil pour ’alternatif’ qui a fameusement dévissé depuis les années ’80. Dans la démarche, ce qu’on entend chez Trotski Nautique (formidable nom...) est à placer dans cette filiation, même si les guitares maladroites ne sont pas de sortie.
    Sur le papier, c’est proposé (peu (...)

  • Françoiz Breut – Vif !

    Reconnaissable entre toutes, la voix de Françoiz Breut continue à nous faire voyager. Elle est tellement particulière et familière à la fois qu’elle peut s’accomoder de bien des contextes. On avait apprécié les atours plus synthétiques du Flux Flou de la Foule et cet album-ci se place dans cette lignée. Il faut dire que c’est la même équipe qui l’entoure, à savoir le claviériste Marc Mélia, le guitariste (...)

  • Nicolas Jules – La Reine Du Secourisme

    Jusqu’où s’arrêtera-t-il ? Practice makes perfect, tel est le dicton dans une langue non pratiquée par Nicolas Jules. Mais force est de constater qu’il le met en application avec un rythme de publication quasi annuel qui voit son œuvre se polir et se distinguer. Il se situe pour cet aspect-là dans le sillage du regretté Murat.
    Une musique n’est pas parfaite quand il n’y a rien à ajouter mais quand il (...)

  • Beyries - Du Feu Dans Les Lilas

    Honnêtement, on l’a vu venir cet album. Inconsciemment, on l’a espéré aussi. Si Encounter avait vraiment plu, c’est le seul titre en français qui avait le plus marqué. On avait retenu le nom, et le temps a passé. Quand Du Temps a été lancé en éclaireur, l’échine s’est serrée immédiatement.
    On avait détecté sur l’album précédent une tendance à produire des morceaux soyeux mais occasionnellement lisses, c’est (...)