Accueil > Musique > 2005 > Roisin Murphy : Ruby Blue

Roisin Murphy : Ruby Blue

lundi 21 août 2006, par Marc


Il y a peu de chances de revoir Moloko à court terme. Mise en vacances, Roisin Murphy, la charismatique chanteuse de ce groupe finalement essentiel s’est réfugiée dans la musique électronique. Elle aurait pu étrenner ses tenues extravagantes dans un disco kitch ou dans de la dance policée mais non, c’est sur Matthew Herbert que s’est dirigé son choix.

Annoncé par les deux EP vinyles Sequins (je n’ai pas vu passer le troisième, distraction ?) à la pochette déjà fort moche, le premier album de la belle (sisi) Irlandaise est plutôt touffu et difficile. Ayant pu me familiariser suffisamment tôt avec les maxis, il a fallu moins d’écoutes pour l’apprivoiser.
Car si ce n’est pas obscur, loin de là, on est plutôt loin de la variété, si on excepte le pas fameux single If we’re in love.

Funk blanc et froid, sons d’origines diverses et difficilement identifiables, il popose différents niveaux d’écoute en fonction de l’attention de l’auditeur.
Mais qu’y entend-on vous vois-je déjà demander d’un air suspicieux. Eh bien, à l’instar de cette antique publicité pour les fromages belges : un peu de tout. Parfois un petti relent eighties (Sow into you), du Portishead passé au concasseur (Sinking feeling), du Tom waits electro (Night of the dancing flame), un morceau que Björk n’aurait pas renié (Ramalama) ou plus généralement du funk froid (Dear Diary). Certains morceaux manquent cependant d’accroche pour se rendre indispensables (Trough time). Ca ne peut pas marcher à tus les coups (Off on it) et empire avec la lenteur (The closing of the doors).

Sur foi d’un concert de Moloko à l’ambiance électrique à Werchter en 2003, on ira revoir Roisin avec plaisir au Pukkelpop. Vos efforts d’écoute seront donc récompensés si vous passez outre votre aversion pour une certaine forme de soul froide. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Fanfara Station - Boussadia

    Fanfara Station, c’est le multi-instrumentiste tunisien Marzouk Mejri, le trompettiste américain Charles Ferris, et le producteur/DJ italien Marco Dalmasso. Ensemble, ils tentent de mélanger l’énergie des rythmes et chants du Maghreb avec celle d’un dancefloor. Et ça marche parce que Nagran est un méchant groove rehaussé d’électronique. Mais sans tomber dans le gros beat qui tache. Une performance en soi, un résultat à haute dose énergétique.
    Cet album est majoritairement chanté en Arabe et outre la (...)

  • C’mon Tigre – Scenario

    On connaissait déjà la formation à l’étrange patronyme félin mais on a bizarrement attendu leur troisième album pour vous en parler, sans doute parce que l’équilibre atteint ici nous parle plus. Leur style s’inspire un peu du Jazz mais plus pour l’ampleur et la liberté, le résultat étant souvent ensoleillé.
    Par exemple, Supernatural avec ses soli déstructurés se présente comme point médian entre Portishead et Calexico. Cette dialectique entre soleil et plus de froideur baigne tout cet album et en fait le (...)

  • Giovanni Dal Monte - Anestetico

    Et si on parlait d’un double album de musique électronique largement improvisée ? On est aussi là pour tester des limites aussi, même si ce double album ne vous perdra surement pas. Giovanni Dal Monte a une grande expérience en musique de films (ceux de Bruce LaBruce par exemple), de documentaires et d’expositions d’art et nous propose ici deux volumes pour englober deux concepts, articuler deux arcs.
    Le premier volume fait la part belle au glitch, voire un peu de techno déviante (Komm Tanz Mit (...)

  • I Speak Machine – War

    Les albums ne sont pas toujours ce qu’on en attend. Le titre et la présentation évoquent une violence qu’on ne retrouve pas forcément. La plage titulaire correspond assez pourtant, avec une electro martiale mais pas trop, qui fait forcément usage de sons des années ‘80 mais avec une verve moderne. On peut la situer dans le sillage de choses qui nous ont plu comme Camilla Sparksss ou Jeanne Added. Mais ces deux-là avaient placé leur barre tellement haut qu’il est compliqué de surpasser (surtout pour (...)