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Séance de rattrapage #98 - IRAN, Modern Stars, Not a Citizen

vendredi 26 novembre 2021, par Marc


IRAN - Persis

“Take a look on the wild side”. Telle est l’invitation qui nous est faite de temps en temps par des projets qui se présentent comme aventureux. Comme on l’a déjà signalé, c’est quand le propos peut se faire le plus cérébral que la subjectivité joue le plus.

C’est donc varié puisque 8 intervenants issus de la scène électronique et d’avant-garde italienne sont conviés pour autant de morceaux. Autant de réinterprétations en fait, le matériau de base étant les sept titres de l’album Aemilia sorti en 2020. Ce ne sont pas exactement des remixes.

Cette multiplication apporte une certaine diversité mais étrangement pas de dispersion. Ce qui nous vaut de beaux soubresauts dès Sohan (Ongon) qui rappellent les moments les plus lysergiques des débuts de Pink Floyd, en plus fouillé. On est à la limite du drone parfois, ou dans une intensité plus frontale quand on se frotte à la montée presque imperceptible mais manifeste d’Aral retravaillée par Claudio Rochetti.

Modern Stars - Psychindustrial

Lourd et dense, électrique et pesant, le trio italien Modern Stars nous propulse d’entrée dans un univers inspiré par des dystopies. Hypnopaedia est par exemple un morceau lent et gorgé d’électricité et on aime ce bon dosage. C’est donc un psychédélisme brouillardeux auquel on est confrontés, s’aventurant aussi dans des moments plus bruitistes, comme une transe psyché (War Is Peace)

Rien que le titre d’Indian Donna Summer est engageant. Le morceau lui-même a la sombre lourdeur et la longueur (13’28’’) de ses ambitions. Il ne présente pas énormément de variations mais c’est le côté lancinant d’une litanie sépulcrale qui marque. Plus qu’un album de morceaux marquants, c’est un climat qui est défendu ici, parfois modulé. Pesant mais pas trop, sombre mais pas étouffant grâce aux touches psychédéliques, il se déploie sur toute la longueur, plait sans coup férir même s’il ne laisse jamais un souvenir impérissable.

Not A Citizen - 13189

Partagé entre Londres et Berlin, Cristóbal Jimenez Van Cauwelaert s’empare de ces expériences urbaines et souvent nocturnes pour en retranscrire l’ambiance dans un album qui séduit d’emblée. Vous trouverez donc un côté urbain, vaguement jazzy, un chouia gloomy parce que c’est l’ambiance qui veut ça.

Les effets sur la voix en font quelque chose de presque sépulcral alors que cette noirceur n’est pas la composante principale de cette musique. C’est gloomy juste comme il faut en fait. Difficile d’apposer une étiquette donc et c’est très bien comme ça.

On le suit sur Broke Again. Le solo de guitare est impeccablement planqué et celui de sax la ramène juste ce qu’il faut. Ce saxophone d’ailleurs peut se faire très ‘free’ (Black and Blue Cheese) ou pas du tout. Ca frappe pas trop fort mais juste, avec un chaloupement qui marche (Sin Tus Ojos, Yo No Te Puedo Ver) Et si l’ambiance est cotonneuse, le son n’est pas flou. Un album qu’on ne calcule pas nécessairement lors des premières écoutes donc mais qui colle aux oreilles.

Article écrit par Marc

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