Accueil > Musique > 2022 > Sophia Djebel Rose - Métempsycose

Sophia Djebel Rose - Métempsycose

lundi 21 mars 2022, par Marc


Toutes les combinaisons de genre n’ont visiblement pas été tentées. Pour faire court, ce qu’on entend sur le premier album (après un premier EP paru en 2020 et dont deux titres se retrouvent ici) de la chanteuse installée en Auvergne pourrait être qualifié de folk gothique en français. Non, aucun autre exemple ne nous vient en tête. Mais au-delà de l’analyse combinatoire, on a été intrigués par cette Métempsycose.

Parce que musicalement, c’est sobre, avec une guitare électrique souvent seule et vu l’affectation du chant, c’est une bonne nouvelle, l’équilibre étant alors assuré. L’effet est même parfois un peu hypnotique quand Venus peut compter sur un air entêtant. Et puis cette relative ressemblance des morceaux est une qualité de ce court album qui gagne de la cohérence au passage.

Ce chant surexpressif surprend à chaque écoute mais on s’y replonge assez vite. Surtout que la sobriété du reste propose un habile contrepoint. On pense aux live de la fin de carrière de Barbara mis en musique par Sixteen Horsepower. Faites un effort quoi... Autre contrepoint, les thèmes ne sont pas lyriques mais peuvent se faire bucoliques ou plus contemplatifs. Le folk gothique est un genre tellement peu fréquenté en français que la personnalité unique de Sophia Djebel Rose vaut le détour. L’abord est peut-être déroutant mais la récompense est au bout.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • June Road - Landscapes (EP)

    Moins hégémonique que dans un passé récent, la formule du duo mixte a toujours ses adeptes dans le genre folk-pop. Dans le cas qui nous occupe, le pédigrée des deux intervenants apportait aussi de belles garanties. Elle, Maia Frankowski est Belge et violoniste à l’Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie, lui, Harry Pane est Anglais, compositeur, et rencontre un certain succès sur la scène folk britannique (dixit le dossier de presse qu’on croit).
    On pense peut-être parfois à Cocoon mais ils ne (...)

  • Ottus – Ghost Travellers

    l faut toujours laisser le temps aux albums de révéler tous leurs secrets, parce que la profondeur n’est pas toujours tangible en première écoute. Sur le premier opus du groupe liégeois Ottus, c’est le côté folk-pop et les harmonies vocales qui plaisent le plus vite et le plus facilement. Certes Run Away propose déjà une belle ampleur mais cette façon peut aussi se décliner en mode plus léger, voire évanescent (The Old Skills) ou se rehausser de chœurs enfantins (Living Stone).
    Mais ils élargissent leur (...)

  • Sharon Van Etten - We’ve Been Going About This All Wrong

    On associe depuis toujours Sharon Van Etten à Shearwater. Outre un copinage qui les a vus partager la scène le temps d’une tournée et de quelques morceaux, il y a cette pureté, cette émotion affleurante qui émeut sans autre forme de procès. C’est un don que certains artistes ont. S’ils parlent tous peu ou prou d’eux-mêmes, certains semblent parler à chaque auditeur en particulier.
    Mais si Jonathan Meiburg a ce chant qui touche à la perfection, il y a ici une fêlure plus qu’humaine. Un peu de fausseté (...)

  • Dekker – I Won’t Be Your Foe

    On a une tendresse particulière pour ceux qui partent d’une matrice folk pour en faire quelque chose d’un peu différent, mine de rien. Parmi ceux-ci on comptait le duo Rue Royale dont un des membres revient en solo sous le nom de Dekker.
    Il s’en dégage un aspect cool et actuel qui plait immédiatement. Il profite notamment d’une haute tenue mélodique (Small Wins). Sa voix immédiatement sympathique, même en mode falsetto (Do It All Again). Et quand le tempo se fait plus soutenu, on entend un morceau (...)