Accueil > Musique > 2005 > Brisa Roché : the Chase

Brisa Roché : the Chase

mardi 22 août 2006, par Marc


Brisa Roché, c’est avant tout une voix. Mutine, immédiatement familière, qui séduit tout de suite par sa détermination et sa douceur. Pour un premier album, il faut en effet convenir que l’aplomb est là. Du blues sans pathos ni ornement superflu (At the shore). Elle pourrait faire penser pour les plus anciens d’entre nous à la voix de la chanteuse de Ruby.

Musicalement, on est dans des eaux d’un rock blues alternatif et léger. Mais pas furieux ni âpre. Parfois relevé d’un cuivre discret (Now that it’s long over qui décolle véritablement), voire un violon qui souligne une petite douceur (Dans le vert de ses yeux). Car la variété est aussi au rendez-vous, balançant de ce que ferait Shivaree (souvent proche mais je préfère Brisa de loin) s’ils se lâchaient en ayant trop bu à un garage sixties pré-punk (Helmet). Les chansons sont rendues attachantes par le don mélodique de cette Roché.

Si l’album est plutôt long (21 titres), il respire grâce à ses intermèdes mais souffre aussi de certains morceaux trop semblables. Notons finalement que quand elle s’exprime en français, c’est plutôt réussi puisque la sensualité qui émane d’elle n’est pas courante dans notre langue. Je confie donc à votre attention cette petite friandise plus vénéneuse qu’il n’y paraît. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Dum Dum Girls - Only in Dreams

    Critique dialectique (le retour)
    Ce texte fait suite (et probablement fin) à un précédent dialogue imaginaire paru il y a un an. – Tiens, salut. Ça fait longtemps, dis donc.
    – Bof, pas tellement. C’était l’année passée, tu te souviens ? On avait discuté du cas Best Coast, je crois.
    – Pfiouuuu... un an seulement ? J’ai l’impression que ça fait une éternité, moi, qu’on s’emballait pour cette vague de combos rétro-pop agrémentés à la sauce garage.
    – Bah, ça reste plus ou moins d’actualité : t’as vu que les (...)

  • Baby Fire - No Fear

    Au Feu !
    Parmi les gens qui ont mon respect indéfectible, je compte ceux qui ont le courage de lancer des structures, des labels pour que des artistes aient la chance de trouver leur public. Dans les cas de proximité, citons, parce que c’est bon, Jaune Orange, Depôt 214, Spank Me More ou Cheap Satanism. Quand une production de ces derniers arrive sur la platine, on se doute que ça ne sera pas mièvre et ronronnant.
    De mièvre il ne sera pas question puisque le rock abrasif et nerveux du duo (...)

  • The Go ! Team - Rolling Blackouts

    Tonique
    On nous bassine souvent avec les propriétés stupéfiantes des diverses boissons énergétiques inondant le marché, héritières légitimes des potions et autres élixirs que les charlatans ambulants, depuis leur roulotte convertie en podium, vendaient par caisses entières dans le vieux far west. Les bonimenteurs d’aujourd’hui, à grands renforts de promotions télévisées, voudraient à leur tour nous refourguer le dernier remède miracle pour retrouver la jouvence ou à tout le moins, si possible, nous (...)

  • The Eighties Matchbox B-Line Disaster -Blood & Fire

    Mission from God
    Formé en 1999 et originaire de Brighton, The eighties Matchbox B-Line Disaster pratique un style qualifié de psychobilly, une sorte de heavy rockabilly d’allumé total. Après deux LP sortis en 2002 et 2004 (l’excellent “Horse of the dog” et le magnifique “The royal society”), le groupe mené par le chanteur Guy Mcknight perd sa maison de disque et reste dans un silence total pendant trois ans avant de sortir un EP bricolé avec les moyens du bord et sans maison de disque (In the (...)

  • June Road - Landscapes (EP)

    Moins hégémonique que dans un passé récent, la formule du duo mixte a toujours ses adeptes dans le genre folk-pop. Dans le cas qui nous occupe, le pédigrée des deux intervenants apportait aussi de belles garanties. Elle, Maia Frankowski est Belge et violoniste à l’Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie, lui, Harry Pane est Anglais, compositeur, et rencontre un certain succès sur la scène folk britannique (dixit le dossier de presse qu’on croit).
    On pense peut-être parfois à Cocoon mais ils ne (...)

  • Ottus – Ghost Travellers

    l faut toujours laisser le temps aux albums de révéler tous leurs secrets, parce que la profondeur n’est pas toujours tangible en première écoute. Sur le premier opus du groupe liégeois Ottus, c’est le côté folk-pop et les harmonies vocales qui plaisent le plus vite et le plus facilement. Certes Run Away propose déjà une belle ampleur mais cette façon peut aussi se décliner en mode plus léger, voire évanescent (The Old Skills) ou se rehausser de chœurs enfantins (Living Stone).
    Mais ils élargissent leur (...)

  • Sharon Van Etten - We’ve Been Going About This All Wrong

    On associe depuis toujours Sharon Van Etten à Shearwater. Outre un copinage qui les a vus partager la scène le temps d’une tournée et de quelques morceaux, il y a cette pureté, cette émotion affleurante qui émeut sans autre forme de procès. C’est un don que certains artistes ont. S’ils parlent tous peu ou prou d’eux-mêmes, certains semblent parler à chaque auditeur en particulier.
    Mais si Jonathan Meiburg a ce chant qui touche à la perfection, il y a ici une fêlure plus qu’humaine. Un peu de fausseté (...)

  • Dekker – I Won’t Be Your Foe

    On a une tendresse particulière pour ceux qui partent d’une matrice folk pour en faire quelque chose d’un peu différent, mine de rien. Parmi ceux-ci on comptait le duo Rue Royale dont un des membres revient en solo sous le nom de Dekker.
    Il s’en dégage un aspect cool et actuel qui plait immédiatement. Il profite notamment d’une haute tenue mélodique (Small Wins). Sa voix immédiatement sympathique, même en mode falsetto (Do It All Again). Et quand le tempo se fait plus soutenu, on entend un morceau (...)