Accueil > Critiques > 2022

Centredumonde – Il Danse Tout Seul Au Bord De La Piscine, Il Est Content

vendredi 2 septembre 2022, par Marc


Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau !

Telle était l’injonction de Charles Baudelaire à la fin de son Voyage. Mais si Centredumonde nous invite à plonger dans son inconnu à lui, il faut son ticket d’entrée, avoir apprécié les succulents EP récents et avoir commencé la descente dans la discographie par les premiers paliers dedémos. Alors oui, vous pouvez y aller, ça y est on y va. Parce qu’on s’enfance dans le plus obscur, le plus brut. Et c’est assez fascinant il faut le dire. A priori, pas de la matière à exégèse. Et pourtant. C’est un collègue maintenant et on l’a souvent écoutée, cette compilation au long titre.

Si vous avez un compte Facebook la genèse des morceaux est commentée et c’est plutôt gratiné, on attend une publication, ça vaut finalement toutes les autobiographies. Et puis c’est éclairant. Par exemple, dans ses notes, il ne semble pas se souvenir si Ma Vie Est Nulle, Elle Est Conceptuelle était ironique ou pas (penchant tout de même vers le ‘ou pas’) et cette indécision aide à garder une part de mystère et d’empathie (un peu relative en l’espèce). Cette propension à rester en équilibre entre le premier et le second degré est d’ailleurs un des points d’attrait de cette compilation, et cette frontière semble encore plus floue qu’elle ne l’est devenue.

Musicalement aussi, le côté démo est assumé (c’en sont après tout...), avec l’inévitable boîte à rythme sur Le Jogging Sociabilise Les Obsédés Sexuels. Quand on a un titre pareil, il n’y a presque pas besoin de chanson. D’une manière générale, les titres sont au minimum intrigants, au mieux une petite histoire à eux seuls. C’est un art qui n’est donc pas réservé à la musique instrumentale.

Comme certains de ces morceaux sont anciens, on remarque que même la voix a changé, c’est d’ailleurs son traitement et la façon de la poser qui pourra déconcerter le plus et n’est pas homogène parmi les 20 morceaux proposés ici. Surtout quand c’est un certain David Jestin qui s’y colle sur France Halacoma pt.1 qui nous rappelle les exercices de notre compatriote Carl. Mine de rien, plein de titres restent en tête, pour leur idée ou leur résultat. Epinglons donc Le Dernier Concert de Centremonde ou Tori Spelling’s Song. Si vous aimez la conjonction d’une boite à rythme et d’accords mineurs sur grosse guitare, il y a de quoi faire et ça fonctionne souvent (sur La Léproserie par exemple). Bref, ceci ne devrait pas être une porte d’entrée à une discographie dont on n’a pas encore tout découvert mais si vous avez suivi le chemin jusqu’ici, pas de raison de décrocher !

    Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

2 Messages

  • Mais oui, en effet... on est arrivés jusqu’ici, c’est pas pour craquer à deux mètres du bol de sangria (oui, je viens de citer Bigard). On aurait tort de ne pas explorer plus avant cette disco conceptuelle (comme sa vie donc) et toujours aussi truffée de bonnes surprises. Merci de nous le rappeler d’ailleurs, car le rythme de ses sorties est si frénétique qu’il ne se laisse jamais le temps de nous avoir manqué. Pour autant, je ne boude pas mon plaisir !

    repondre message

  • Auren – Il s’est passé quelque chose

    Il y a des albums qui donnent envie d’en savoir plus. Alors on cherche longtemps pourquoi on aime ça et on ne trouve pas vraiment. Reste cette évidence, Auren nous fait une très belle proposition de pop en français et on se contentera de ça. Apprécier est mieux que comprendre après tout.
    C’est via ce duo avec Jeanne Cherhal (c’est en-dessous) qu’on avait eu vent de cet album et on le retrouve avec (...)

  • Bird Voices - Mirage

    Si le hip-hop est hégémonique, ce n’est pas la seule voie pour mêler écriture et musique comme le confirme brillamment le duo de Montpellier sur son premier album. Ce qu’on peut dire tout de suite est qu’on apprécie cette poésie naturaliste. Il est toujours difficile de dire précisément pourquoi. C’est entièrement au premier degré mais jamais sentencieux et musicalement, ces vignettes se distinguent (...)

  • Nicolas Jules – Carnaval Sauvage

    On vous voit, ceux qui forcent leur originalité, les as du marketing, ceux qui copient en moins bien. Et Nicolas Jules n’est pas dans votre camp. On lui donnait par boutade rendez-vous à cette année en parlant du très bon Yéti et il a tenu parole. Si on avait tout de suite apprécié les deux albums précédents, celui-ci marque encore plus sa singularité et se présente comme plus qu’une confirmation. (...)

  • Garden With Lips - Magnolia

    La transitivité simple qui veut que les amis de nos amis soient aussi nos amis connait certes quelques ratés mais reste une base solide. C’est lacollaboration avec Centredumonde sur un bel EP qui nous avait signalé Garden With Lips et l’occasion est belle de se frotter à un album complet. Surtout que comme on va le voir, la découverte est de taille.
    On commence par un instrumental languide, que (...)