Accueil > Musique > 2005 > Tom Vek : We Have Sound

Tom Vek : We Have Sound

mercredi 23 août 2006, par Marc


Faire des efforts pour que tous les instruments sonnent super bien amène parfois des albums surproduits et mièvres. Ici, les efforts sont désespérés pour que ça sonne le plus crade et bricolé possible. A l’heure de la musique sous Mac, vouloir faire croire que la basse se compose de corde à ballots et que la batterie c’est des fûts de lessive est une démarche résolument à contre-courant.

Pour ce qui est des chansons, on est dans un éclectisme de bon aloi puisque dès le premier morceau le walk de basse et le son d’orgue cheap s’accordent un peu comme si Soul coughing avait piqué les claviers des premiers Delicatessen pour ensuite voguer dans les eaux de l’electro mou fort à la mode (If you want) pour après-midi peu fréquenté sur Pure Fm, voire dans le décalcage moderne des Talking heads (Genre Once in a lifetime par là). The lower the sun aurait eu sa place sur le Mellow gold de Beck (la compo, vu qu’à côté de celui de Tom Vek le son du californien passerait pour du David Gilmour maniaque). Donc Tom Vek sait presque tout faire presque bien.

Si on sort un morceau du contexte de l’album on peut être agréablement surpris (essayez avec Hanged my mind par exemple) vu que c’est en tranchant sur le son de la production actuelle (qui fait pourtant déjà fort souvent dans le crado) que cette musique prend son ampleur.
On sent la volonté de mettre des sons pourris pour faire bouger les gens. Et force est de constater que souvent on a envie de s’exprimer à l’aide de ses membres (en tout bien tout honneur).

De bonne humeur, je vous aurais dit que c’est défoulant et à contre-courant. Mais quand je vois les ficelles du magicien je m’amuse moins (c’est mon côté Schtroumpf grognon). Par contre, ce son rendrait fou Mark Knopfler et rien que d’y penser ça me met en joie (c’est mon côté Schtroumpf joyeux).

A moitié convaincu par un son très personnel, j’attends le Pukkelpop (plus que 2 fois dormir) pour me prononcer et voir à quoi ressemblent les instruments qui jouent ça... (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Plastikman and Chilly Gonzales - Consumed in Key

    Plaquer du piano sur un album électro semble une idée improbable. Mais repousser les limites de l’improbable semble une mission de tous les jours pour Chilly Gonzales. Il a ici jeté son dévolu sur un classique electro de Plastikman (un des prête-noms du génial Richie Hawtin) sorti en 1998 sous la houlette d’un troisième comparse canadien, Tiga.
    Si j’ai usé l’incunable Transitions, acte fondateur minimal, je n’ai jamais plongé plus avant mes explorations du maitre. Une erreur sans doute partiellement (...)

  • Kowari - Trail

    Kowari est le projet du violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et du pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane) et propose un mélange de cordes et d’électronique. Oui, on a déjà entendu ça récemment chez d’autres duos comme Abraham Fogg ou MadSci. Mais le résultat est sensiblement différent ici et c’est une bonne chose, les comparaisons frontales ne sont jamais plaisantes.
    Tout d’abord, la force du duo belge est indéniablement mélodique. Quand ils ajoutent une trompette sur Daylight, on songe (...)

  • Glass Museum – Reflet

    Il est étonnant de constater à quel point un concept simple sur le papier (un piano et une batterie) peut se décliner. Le troisième album (si on inclut Deux) du duo belge Glass Museum montre qu’il est même possible de faire évoluer la formule. Leur style était déjà bien affirmé et on connaissait leur versant plus percussif, surtout si on considère le piano comme un instrument à cordes frappées. Ils avaient ensuite injecté un peu d’électronique au mélange pour un résultat toujours musclé. Les envies du (...)

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)