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HEALTH - RAT WARS

lundi 18 décembre 2023, par marc


Même après des années passées à autre chose (des musiques de film, des versions disco), la puissance de feu d’HEALTH a laissé une trace manifeste. Mais il a fallu un rabatteur de qualité pour qu’on ne passe pas à côté de cet album. Le souvenir bien qu’ancien était toujours cuisant et on retrouve le trio avec un plaisir certain.

Ils ont collaboré avec Nine Inch Nails ou Xiu Xiu et ces cousinages semblent logiques tant tous ces artistes ont pris un malin plaisir à dévoyer la musique industrielle. Si on ne retrouve ici ni les inclinations ’classic rock’ induites par la voix de Trent Reznor ni le malaise occasionnellement éprouvant de Jamie Stewart, ils arrivent à imposer une patte éminemment personnelle.

Le chant reste très éthéré par rapport à la dureté des sons de guitare. Non, ce ne sont pas les plaisirs plus languides de la dream-pop (même si le plus doux DON’T TRY s’en approche), le tout est plus percutant. Et puis il y a cette composante électronique qui envoie DEMIGODS dans une autre dimension. Il faut évidemment accepter la convention de la bourrinade qui veut qu’un goût de trop est préférable à un goût de trop peu. Donc il faut que ça envoie. Mission accomplie sur HATEFUL ou DSM-V.

En concert, c’était la batterie qui impressionnait, de même que la compacité et la vitesse. Leurs plus manifestes réussites du passé (We Are Water, ce genre...) jouaient sur une hystérie communicative, pas sur un riff gras. Or les sons se font plus métalliques ici, et si la conjonction d’un chant plus aérien propose un unique contrepoint, on a été plus impressionnés dans un passé récent, par les blastbeats furieux de Trounce par exemple. Et quand le chant de Godflesh invirté sur CHILDREN OF SORROW est plus guttural, ils perdent leur originalité pour un metal plus classique, genre qu’on goûte moins.

Bref, si la puissance et le pouvoir de fascination sont toujours un peu là, ils compensent par des sons plus rudes l’énergie folle qui s’en dégageait plus naturellement auparavant. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ça reste un groupe à la personnalité indéniable.

    Article Ecrit par marc

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