Accueil > Critiques > 2024

Bélier Mérinos - Triste mais en tout temps joyeux

vendredi 31 mai 2024, par marc


On en a connu, des noms d’animaux. Etrange à dire sans doute, mais le nom derrière lequel se cache Geoffroy Pacot correspond plutôt à la musique, fondamentalement champêtre mais dénuée de pittoresque.

Traduire un paysage en musique est sans doute une des entreprises les plus compliquées qui soient mais ce genre de post-rock bucolique y arrive, avec ce qu’il faut de field recordings et d’arpèges acoustiques. Vous savez, le genre qu’on aimait déjà il y a longtemps chez Manyfingers. Ou alors, on pense à certains pans plus lancinants et recueillis du néo-folk (certains Current 93 ou Sol Invictus par exemple).

Les nappes d’orgue ajoutent de la profondeur. C’est un album qu’il faut appréhender comme une progression. Plus on avance, plus on s’enfonce dans la forêt, plus c’est sombre, plus c’est drone et hanté. Mais Triste, Mais En Tout Temps Joyeux (qui comporte même du chant) comporte un retour à la lumière, le retour au calme. C’est sans doute un poncif de considérer un album comme un voyage mais c’est vraiment comme ça que c’est articulé.

Etrangement, si une humeur plus placide aidera, c’est un album qui ouvre les bras à chaque fois qu’on frappe à la porte. Et on aura tout intérêt à se lancer dans cette balade solitaire pas si tranquille que ça.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Villagers – That Golden Time

    Villagers, c’est quinze ans d’intense délicatesse. Le projet presque solo de Conor O’Brien nous a depuis longtemps habitués à osciller entre une vraie délicatesse et plus d’ampleur. Celui-ci est franchement évanescent en première écoute, d’ailleurs j’étais un peu passé à côté pour être honnête. Il peut se faire plus lyrique, on le sait.
    Mais même sur Truly Alone, la subtilité est là, avec son petit clavier (...)

  • Binidu - //

    Si on avait croisé le chemin de Vincent Dupas quand il officiait en tant que My Name Is Nobody, on était passés à côté de ce projet qu’il partage avec Jean Baptiste Geoffroy et Jérôme Vassereau (ils sont aussi tous membres de Pneu). Le troisième album en onze sera donc l’occasion de faire la découverte.
    On sent dès le début de We Grew Apart que le morceau ne restera pas aussi désolé et de fait une (...)

  • Dan San - Suite

    On se doutait bien à l’écoute de l’excellent Grand Salon que l’évolution de Dan San n’était pas temporaire. En clair, ils ont un plan. Rappelons que pour les autres envies, les membres font aussi partie de formations comme The Feather, Pale Grey ou Condore. Donc, quand ils reviennent au camp de base, c’est pour se donner les moyens de converger ensemble vers un style identifiable. La mise en son est (...)

  • Ella Ronen – The Girl With No Skin

    Fuck Cute/I’m Tired of Cute/Cute has never served me
    Il ne faut pas se laisser tromper par la délicatesse d’Ella Ronen. Si on est séduit d’emblée par les plaisirs doux qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marie Modiano (référence ancienne on en convient...), la jolie voix propose une écriture plus profonde, sans doute parce qu’elle repose sur un substrat qui a son content de drames.
    Une des (...)