Accueil > Musique > 2006 > Skin : Fake Chemical State

Skin : Fake Chemical State

dimanche 4 juin 2006, par Fred


Second album solo de Skin, ex-chanteuse du groupe Skunk Anansie, Fake Chemical State démontre une fois de plus qu’un groupe ne peut se résumer à la voix de sa chanteuse et à ses performances scéniques. On se rappelle très bien de concerts devant des foules enflammées à la fin des 90’s durant lesquels Skin n’hésitait pas à rouler des pelles à des demoiselles du premier rang (ce qui semble avoir donné des idées à Robbie Williams...). Epoque du succès artistique et commercial, époque révolue.
On constate directement que la tournée promotionnelle de cet album sera beaucoup moins glorieuse, le contenu à défendre étant malheureusment un peu maigre.
On ne parlera certainment pas de renouvellement de genre pour Skin mais plutôt même de redite : les chansons les plus bruyantes de l’album rappellent le rock punk agressif souligné de la voix de Skin que pratiquait Skunk Anansie, le brio , l’originalité et le panache en moins. Un pâle copie délavée en somme.
Pire encore quelques chansons lorgnent fortement du côté du pop/rock un peu bâveux tel Fooling Yourself. Amusant un instant mais vite lassant.
Petite éclaircie cependant sur les morceaux plus downtempo, sur lesquels on retrouve mieux la patte de Skin. Ces morceaux gagnent alors en épaisseur. On sauvera donc de la galette Just Let The Sun Shine On Your Face, Movin’, Purple et Nothing But pour l’élan épique et mélodique qui les traverse et leur côté bien plus travaillé que le reste.
Un album qui décoit donc bien plus qu’il n’intéresse et qui n’est pas pret de libérer Skin de l’ombre de Skunk Anansie. (F.)

Article Ecrit par Fred

Répondre à cet article

  • Chev Chevin - Nectar

    Avec en accroche un phrasé à la lisière du hip-hop avec des nappes de synthés presque James Bond, on sent qu’on va explorer des limites (les nôtres) sur le premier album du duo (Max Kraft et Jonas Eckhardt) allemand Chev Chevin . Mais on s’embarque en fait pour un trip musical pour le moins varié.
    Les envolées et les voix sur Over Soon font plutôt penser à Bon Iver, avec une solidité plus marquée. Cette veine-là nous vaut de bons moments quand Nausea s’envole et bien franchement, on tient le haut du (...)

  • Rodrigo Leão - A Estranha Beleza da Vida

    Quand on découvre un artiste, on tente de se raccrocher à du connu. Rodrigo Leão a été membre de Madredeus, une des rares formations lusitaniennes dont le nom a eu un retentissement international. En se renseignant un peu, on note aussi des collaborations avec Beth Gibbons, Neil Hannon, Tindersticks, Ruichi Sakamoto ou Ludovico Einaudi. Un CV en béton armé donc.
    Il confirme d’emblée ces belles dispositions avec le simple et beau Friend of a Friend chanté par Michelle Gurevitch. Forcément quand ça (...)

  • Efterklang - Windflowers

    Evoluer n’implique pas nécessairement de se dénaturer. C’était une des leçons du très réussi Altid Sammen des Danois d’Efterklang. Deux ans plus tard, on ne peut plus tirer de conclusion aussi positive. Comme tous les groupes délicats, le risque est de devenir trop légers, voire évanescents. On a connu ça pour Choir of Young Believers, The Feather ou même Villagers dans un passé récent et voici une nouvelle victime du syndrome. Mais ne noircissons pas inutilement le tableau.
    Le premier morceau est ainsi (...)

  • ( r ) - Titan Arum

    C’est par la bande qu’on s’est rendus compte de l’importance de Fabrizio Modonese Palumbo. Il fait partie d’Almagest ! qui nous avait déjà plu mais c’est en découvrant ce qu’il avait fait avec Enrico Degani (formidable lui aussi) que l’amplitude de son œuvre s’est manifestée. On l’a depuis recroisé aux côtés d’un très bon Xiu Xiu et c’est sous le nom de ( r ) qu’il se rappelle à notre bon souvenir. Tant qu’on est dans les bons souvenirs, c’est une sortie de Cheap Satanism.
    Le début d’album est digne d’un (...)