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Bright Eyes : Motion Sickness (live)

vendredi 25 août 2006, par Marc


Si l’oeuvre de Bright eyes ne m’était pas inconnue, je dois bien avouer que seul Digital ash in a digital urn (qui est un peu un OVNI dans la discographie) est passé à la moulinette d’une analyse. Je constate maintenant l’erreur de cette vue courte puisque c’est l’autre (I’m wide awake, it’s morning) qui était acclamé. Cet album constituant le plus gros de l’origine des morceaux du live dont il est question, le ratrappage est en vue. Amateur de folk depuis toujours, j’étais donc une victime toute désignée pour Bright eyes. Bob Dylan n’avait parait-il qu’à bien se tenir.

C’est en effet au talent du Zim que ramène souvent Bright eyes comme sur When the president talks to god. Bien sûr, il n’y a pas les métaphore hallucinées et à moitié compréhensibles. Mais il y a de l’authentique protest-song là-dedans, de la rage au sujet (le traitement est vraiment délectable) et à la guitare acoustique qui se débrouille toute seule tout y est. A ce propos, je ne peux que vous recommander l’absolument indispensable documentaire Feels like going home. Martin Scorsese qui se penche sur Bob Dylan, c’est trop précieux pour être boudé.

Le Talent de Connor Oberst, ci-devant auteur-compositeur-interprète, se marque autant dans ses textes inspirés que dans sa musique. En effet, celle-ci vire du folk le plus authentique (At the bottom of everything) à la balade slowesque (We are nowhere and it’s now, Scale) avec une déconcertante facilité. Du dénuement le plus total (The biggest lie) au presque kitsch de Old soul song, le bon goût est toujours de rigueur, par la grâce d’une orchestration pouvant être déglinguée quand les circonstances l’exigent. Même les intonations country (Make war) ne lui font pas peur. Pas plus que les ambiances vraiment intimistes, tout juste relevées d’un orgue ou d’une trompette discrète.

Mais le morceau de bravoure est Road to Joy, où un souffle est clairement perceptible, mêlant ampleur des orchestrations et rage de faire passer un texte ravageur. J’aime aussi la rage rentrée de Method acting. Le folk-rock, encore un héritage de Dylan. Reste que la voix de Connor Oberst , qui participe à la singularité de Bright eyes (et apporte une distance par rapport aux styles abordés) semble plus rêche, plus râpeuse et plus proche de ses textes toujours très inspirés.

En guise de récréation, on a même droit à une reprise du Mushaboom de Feist qui montre ici tout son potentiel comme le révèle parfois une reprise.

Cette captation live est donc une fort bonne et variée introduction au talent immense de Bright eyes, joyau folk de cette époque qui regarde son héritage sans complexe. (M.)

Article Ecrit par Marc

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