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Peaches - No Lube, So Rude

vendredi 20 février 2026


Il y a des albums comme ça, qu’on écoute pour ne pas mourir idiots et sur foi de la réputation de l’artiste. Et puis plein d’écoutes plus tard, on doit convenir qu’on s’est attachés, qu’on l’a plus écouté que ce qui devait être dans notre zone de confort d’auditeur et qu’on en redemande. Donc on partage, c’est logique.

Le sexe est politique, c’est l’assertion qui aide à mieux appréhender cet album. Lisez la tracklist ci-dessous, c’est assez édifiant. Si ça vous rebute déjà , passez votre chemin. Si vous esquissez un sourire, aller plus loin vous réjouira sans doute. Mais le propos cru a une fonction, ce n’est pas de l’allusif de porno-chic, c’est le corps comme enjeu de batailles sociétales. Et puis sur ce terreau fertile, les surgissements sont légion. Des morceaux qui s’appellent No Lube So Rude (assez irrésistible) ou Not In Your Mouth None of your Business (morceau véloce qui claque), ça ne laisse pas indifférent.

Et puis ils sont diablement efficaces, ces morceaux, puissants sans être racoleurs. Le propos est suffisamment fleuri pour se concentrer sur l’essentiel. C’est de l’electroclash mais avec une force de frappe non disponible à l’époque.

Mais il y a des moments de relatif calme aussi comme Panna Cotta Delight. Le ton ne change pas, une electro plus feutrée (tout est relatif, on est dans du trap moins électrisé) prend le relais. Take It n’a pas besoin de bastonner plus que de raison pour marquer. Elle termine sur un I Wanna Be Loved qui sonne comme un apaisement mérité. Cet album est court et ne se désunit jamais.

Sans doute la collection de morceaux dansants la plus déviante et décapante de l’année, ce retour de Peaches est un coup de pied dans les burnes. Ou d’autres choses graphiques très bien détaillées. Un vrai plaisir en tous cas. Et une célébration d’une liberté rarement aussi manifeste.


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2 Messages

  • Peaches - No Lube, So Rude 20 février 20:05, par Laurent

    à‰couté une grosse partie de la journée, donc probablement de nombreuses fois vu la brièveté de l’ensemble. Et oui, on ne peut pas dire que les thématiques soient variées... mais quelle collection efficace, quelle production, quelle patate (où je pense) ! Je suppose qu’on est obligé de terminer sur l’adjectif le plus (in)approprié : jouissif.

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    • Peaches - No Lube, So Rude 4 mars 13:21, par marc

      (désolé il reste encore des problèmes avec les caractères spéciaux, je vais voir ce que je peux faire...).

      Jouissif oui, c’est le mot qui convient bien au champ lexical employé. Je dois bien avouer que je connais fort mal ce qu’elle a fait avant mais ici tout est bon du début à la fin si on accepte le ton.

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