lundi 30 mars 2026, par

Une des conséquences étranges de l’ouverture de la fenêtre d’Overton comme une baie vitrée exposée très à droite est que le discours autrefois passablement éreintant de Morrissey devienne plus mainstream. Mais rassurez-vous, il arrive à se plaindre quand même. Que ce soit pour fustiger l’anonymat de sa tournée alors que toute la presse anglaise en parle ou pour annuler un concert parce qu’il a mal dormi à cause de feux d’artifice. Aller vers cet album en sachant tout ça est un acte volontaire. Qui est occasionnellement refroidi par quelques saillies qui nous inspirent des soupirs lassés. En effet, on s’entend dire sur le premier morceau
I want to speak up and not be trapped by censorship (You’re Right, It’s Time)
Et qui nous confirme que ceux qui se plaignent de censure n’ont pas souvent grand’chose à dire. Autre motif de lassitude, Notre Dame fait allusion à quelques théories du complot bien inutiles. C’est d’autant plus désolant que ce morceau est un des meilleurs moments de ce quatorzième album solo. Et si on y est allés et qu’on y est restés, c’est parce qu’il y a des morceaux qui nous ont retenus. Outre celui déjà cité dont le ton lancinant et les couches d’électronique en font quelque chose de plaisamment dense, on note le magnifique Boulevard qui se profile comme une de ses plus manifestes réussites récentes.
C’est que Steve est resté un excellent vocaliste. Si ses qualités d’écriture sont moins manifestes et que les paroles sont étonnamment compactes et souvent répétitives, il peut aussi habiter des morceaux, surtout les plus lents qui sont plus intenses comme Many Icebergs Ago. Et puis il y a des sujets peu polémiques comme cet hommage à Lester Bangs.
On sait depuis longtemps que le maquillage est du camouflage (la ref), on apprend ici qu’il est un mensonge. Make-up Is A lie fait écho à The Queen Is Dead, ce qui ravira les fans. Il n’en reste pas moins que ce nom d’album est étrange de la part d’un ancien président du fan-club des New-York Dolls et qui reprend ici un morceau des très glam’ Roxy Music, Amazona (qui ne va pas ajouter à sa légende).
Pour le reste, on retrouve forcément beaucoup de ses marottes. L’étrangement léger et presque naïf Zoom Zoom The Little Boy met en scène un personnage amoureux des animaux, rien d’étonnant celui qui a écrit Meat Is Murder il y a (ouch) 40 ans. Paris est aussi fort présent (Notre-Dame forcément, Boulevard sans doute aussi) jusque dans Pig Alley qui est une intérprétation phonétique de Pigalle qui semble indiquer aussi qu’il ne parle pas français.
Après 37 ans de carrière solo, on a appris à modérer l’attente à l’entame d’un album de Morrissey. Ceux qui s’y frotteront retrouveront un excellent mélodiste et grand chanteur ainsi qu’on personnage qu’on éviterait sans doute dans la vraie vie.
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’à¢ge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)
En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une œuvre dans une époque au moment où elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)