lundi 18 mai 2026, par

Avec un habitué de nos colonnes comme Spencer Krug, il faut tout de même brièvement planter le décor. Parce que vous n’avez pas forcément déjà rencontré Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lake ou Moonface. Sachez que ce très prolifique Canadien se produit maintenant sous son nom seul et de temps en temps, met en forme définitive les morceaux qu’il égrène à ses contributeurs Patreon.
Ce qui nous a valu quelques oeuvres âpres ou plus douces quand elles étaient relues en mode piano-voix. C’est un peu une voie médiane qui est empruntée ici, avec un certain bonheur du reste. On s’éloigne donc du piano-voix crève coeur des plus intenses Moonface mais aussi des méandres tordus d’IJust Drew This Knife.
Il garde cependant ces mélodies obliques, les entrelacs dégagent un charme certain, un mystère qui n’est pas hermétique comme elles l’étaient occasionnellement. Le piano reste cependant en avant, pouvant se faire percussif à souhait et reconnaissable à des kilomètres sur Real Long Headlock ou Beserker Role. Mais il s’est aussi bien entouré de Jordan Koop à la guitare (déjà présent sur I Just Drew This Knife, Orville Peck), d’Elbow Kiss à la voix féminine et Maria Grigoryeva aux cordes. C’est donc à elle qu’on doit les beaux arrangements de List of Names.
Et ça atténue la rudesse potentielle. Il a d’ailleurs jeté des ponts via cette version dépouillée d’I’ll Believe in Anything soumis à une énorme exposition au Canada par l’utilisation qui en est faite dans la série Heated Rivalry. Et c’est assez magnifique d’ailleurs.
Il y a d’ailleurs des paroles qui se répètent et se répondent d’un morceau à l’autre, ajoutant une couche de cohérence à cet album. On retrouve même une citation de Dylan (All The Tired Horses) au détour de Listen To The Music in Cars qui montre son art consommé du gimmick. Tout comme Get To Live met en évidence sa facilité mélodique.
Plaisant n’est peut-être pas l’épithète la plus évidente pour une sortie de Spencer Krug pourtant après une grosse quinzaine albums relatés on arrive à être encore surpris. Un bel album en somme, montrant une nouvelle facette du talent de Spencer Krug.
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